FREXIT : interdiction de recourir à l’article 50 du TUE !

Samuel SCHWEIKERT, le 30/12/2018 (dernière mise à jour le 15/01/2019)

Le recours à l’article 50 du Traité sur l’Union européenne pour sortir du monstre impérial “européen” n’a pas seulement tout d’un programme suicidaire sinon simplement impraticable ; cette exigence (réaffirmée de manière compulsive par certains hommes politiques), pour entretenir effectivement des divisions bien inutiles et ô combien dangereuses, sème aussi et surtout une très grave confusion d’un point de vue juridique… Offense par enfumage que la Constitution française pose elle-même comme l’atteinte la plus décisive à la Nation (si l’on s’en réfère à l’esprit sinon carrément à la lettre du Préambule de la Déclaration de 1789) !

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Du Précédent au Préalable

L’ambition de cet article est principalement d’ordre stratégique (et, au besoin, tactique). Quoi qu’il en soit, il me paraît indispensable de poser d’emblée cette franche conclusion (puisque c’est là ma conviction mûrement construite) :

a) La Constitution française ayant été suspendue de fait depuis la “loi constitutionnelle” n°92-554 du 25 juin 1992, l’ensemble des textes législatifs et tous autres actes de cette nature, commis depuis cette date, quoi qu’ils soient apparemment réputés avoir force de loi, sont nuls et non avenus.

Bien que m’étant déjà exhaustivement expliqué à ce sujet dans l’un de mes (rares) articles publié sur le site Agoravox, un article que j’ai intitulé “Premier Rappel à l’Ordre Français” (il importe de prendre en compte l’ensemble des commentaires que j’ai faits dans la discussion associée), il me faut revenir assez longuement sur ce constat (et pas simplement pour le passant pensant être pressé), d’abord pour bien repréciser à quel moment et dans quelle circonstance s’est produit le Coup d’État en question, puis en abordant la problématique du point de vue de ses implications stratégiques (s’agissant notamment de la question du recours à l’article 50 du TUE).

La suprême infamie, qui a constitué un coup d’État à proprement parler, se produisit précisément lorsque le Congrès réuni à Versailles (…) a approuvé la soi disant « révision » de la Constitution française, préalable sans lequel le Référendum lui-même était interdit (référendum pour ou contre l’approbation de la loi de ratification du Traité de Maastricht) .

Lequel référendum allait – en apparence – autoriser l’insertion de ce que, dans le jargon des juristes, on appelle “le Chapeau de l’article 88” (“libre” “participation” de “la République” à l’Union européenne).

Le gros du hic, c’est effectivement que cette « révision » était interdite aux termes de cette même Constitution qu’on s’apprêtait à « réviser ».

Et ceci s’apprécie de la manière la plus flagrante au regard de la toute dernière clause de la Constitution, de son « mot de la fin », savoir le 5ème et dernier alinéa de son dernier article (l’Article 89-5), qui dispose – et imposait encore jusqu’à l’instant de ce crime abominable, et qui stipule toujours [ce 15 janvier 2019] que :

La forme républicaine du Gouvernement ne peut faire l’objet d’une révision [de la Constitution].”

Ce faisant, ce « Parlement » (remarquablement comparable, pour cette occasion, à celui qui donna les pleins pouvoirs à Pétain sans limitation de durée praticable sinon envisageable) a procédé à une révision de la Constitution qui était interdite par Elle – et donc, en réalité, à une abolition de la Constitution. Du moins à sa suspension pure et simple, sans limitation de durée, ce qui revient rigoureusement au même.

Qui plus est, dans le même geste, en ayant l’air de Lui renvoyer la “Navette”, l’infâme Congrès pensait renvoyer sur le Peuple sa propre responsabilité ! Ainsi avons-nous un crime de haute trahison doublé d’un enfumage juridique lui-même épouvantable…

Tout ceci, bien sûr, sous la responsabilité du Président de la République (François Mitterrand) qui était le suprême garant de la souveraineté nationale et de la continuité de l’État, ainsi même que celle du Conseil constitutionnel qui n’a rien fait de mieux que de rappeler très vite, dans sa Décision, cet article 89-5 (si bien oublié de tous ou presque), en se gardant surtout bien de tout excès de zèle, qui aurait pu – et dû – consister – quitte à faire nouvelle jurisprudence (mais l’exercice devenait pour le coup totalement désespéré) – à clarifier la situation juridique au sommet, en répondant notamment à deux questions que je pose ci-dessous.

Première question :

Par quel miracle garantir que « les membres du Gouvernement » ne puissent en même temps exercer toute forme de « mandat parlementaire » (article 23 de la Constitution) (*) dans le cadre d’un système UE dont « le Conseil » – à savoir le collège (international) des ministres (nationaux), dans le jargon officiel de l’UE – exerce précisément, lui-même, les plus décisives des fonctions parlementaires (**) ?

(*) Séparation des Pouvoirs exécutif et législatif : B-A-Ba de la Séparation des Pouvoirs. Le double lien dudit principe avec les notions de Constitution, d’une part, et de droits fondamentaux effectivement garantis, d’autre part, étant d’ailleurs – si curieusement (de manière presque « énigmatique » bien que finalement limpide, et par l’approche de la négative…) – exposé à l’avant dernier article (16 – dommage que ce ne fut pas le 17 et dernier) de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789.

(**) Fonctions parlementaires dans le cadre de l’UE : pouvoirs législatifs et pouvoirs budgétaires. Il faut ici bien évidemment, se reporter à nombre de dispositions des traités UE, et il n’est pas dans mes intentions de détailler les choses dans le cadre de ce texte. Mais toute cette part d’analyse a été faite et copieusement documenté, et systématiquement mis à jour, y compris, à peu près en temps réel, par un groupe de travail auquel je participais alors activement (“groupe Europe” du comité local du Rhône de l’Association ATTAC). Ainsi, bien évidemment, surtout si c’est à la demande, je n’aurai qu’à me baisser dans mes dossiers pour fournir tous les argumentaires et toutes les sources à ce sujet – … et d’ailleurs, il vous suffira de cliquer sur l’un des deux liens indiqués ci-après pour vous assurer rapidement par vous-mêmes que je ne grossis par du tout le trait.

Magnifique doctrinarisme légalien juridicocolalalaire

Il nous faut déjà préciser un point « bêtement technique » à ce stade – pour le montage général, disons « la Navette UE – État membre »), qui seul permet de caractériser effectivement le coup d’État, je renvoie encore une fois au texte cité. Dans la formule, on observera que le mot Gouvernement est écrit avec la majuscule. Cela veut dire, du moins dans le contexte présumé, qu’il s’agit précisément du collège composé du Premier ministre et de l’ensemble des ministres – et autres secrétaires d’État, que sais-je encore (ou disons, aussi bien, le Conseil des ministres moins le Président de la République). C’est bien pour cela que je me suis royalement abstenu de mentionner, au paragraphe précédent, le rôle du « Conseil européen » (à ne surtout pas confondre avec « Le Conseil de l’Europe »… qui lui n’a carrément rien à voir avec… « L’Union européenne » (vous voyez… un peu comme par exemple, la CJUE (anciennement CJCE) na en fait rien à voir avec la CEDH (qui est en charge de l’application de la Charte des droits de…. bien que les traités UE imposent en principe à cette dernière de se soumettre à ladite charte)…. -, oui, donc, le Conseil européen, c’est-à-dire le collège « européen » des Chefs d’État… et/ou de Gouvernements.

Or, dans le cadre de l’Union européenne (en particulier), les pouvoirs de « nature législative » les plus décisifs – vu qu’ils sont amplement « constituants » (!) – sont bien plus probablement à chercher du côté du Conseil européen – donc du Président de la République, en ce qui nous concerne. Et cela tient évidemment, du reste, pas seulement mais beaucoup, tout de même, au fait qu’en France, pour avoir le droit (le pouvoir) d’initiative s’agissant de modifier la Constitution, il faut s’être élevé à la Présidence de la République, pas moins.

Sinon, pour avoir moi-même pondu un recensement exhaustif des 1001 menus pouvoirs du « Parlement européen » (entre autres réjouissantes aventures en la matière), autrement dit établi la preuve formelle qu’en fait ces braves « députés européens » n’en ont rigoureusement aucun d’un tant soi peu décisif, a fortiori du côté du pouvoir d’initiative (c’est là que devrait toujours veiller à se porter le regard), j’étais aussi pas mal placé pour savoir que si le « Traité modificatif » dit de Lisbonne n’a en gros rien changé du tout par rapport à la tentative avortée de 2005 et bien peu du reste (à part, précisément, que désormais toutes les forces de l’ordre européen (européennes) peuvent venir te casser la gueule en France si par malheur le ton y chauffe ou qu’on prétend qu’il en est ainsi), il y a surtout qu’il m’a bousillé… d’un trait de plume toutes mes correspondances… déjà établies à coups de trois semaines de mes temps libres et de gros gros nœuds au cerveau… (à croire que c’est surtout fait pour).

Pour abréger un peu à ce stade, clarifions donc ceci sans plus tarder : comme le sont l’Histoire et l’Économie, et toutes ces « sciences parfaitement molles », le Droit, selon ce qu’on en fait, peut aussi bien être un instrument de domination et de manipulation – des plus implacables, au besoin -, qu’il peut être un instrument très protecteur et éclairant. J’en reviens pour autant, enfin, à ce « détail technique » dans lequel se cache possiblement un de ces démons du goût de « La Noblesse de Robe » (oui, oui, oh oui, appelez-moi Maître : n’ai-je donc pas votre destin bien en main… pourvu seulement que vous me fassiez toute confiance ? Ta gueule, donc, et d’ailleurs je le dis uniquement pour ton bien, mais ça sera tout de même 200 balles de l’heure et, comme il se doit, sans aucune garantie de résultat, ne parlons pas de recours contre Moi, comme te le dira à la limite « le Bâtonnier ».) 

Parlant de flou dans l’Exécutif (sans parler de copieux glissement entre les notions d’Exécutif et de « gouvernement ») et pis tiens, de Congrès planqué à Versailles, notons d’ailleurs que la formule initiale… Bon je vous laisse lire :

« La loi du 14 août 1884 révisa la loi constitutionnelle du 25 février 1875 en complétant le troisième paragraphe de son article 8 comme suit :

La forme républicaine du gouvernement ne peut faire l’objet d’une proposition de révision.

Les membres des familles ayant régné sur la France sont inéligibles à la présidence de la République. »

Je ne sais pas vous, mais j’ai comme le sentiment que c’est plus clair ainsi – ah, ça ira… Certes, j’admets qu’au moins dans la durée, le deuxième alinéa, qui fleure la loi d’exception passagère, méritait d’être retiré… pour ne pas distraire du principe en agitant « l‘exception ».

Mais ce que je vois aussi, c’est que dans cette version là il n’y a (avait) pas de majuscule à « gouvernement » – d’où la question subsidiaire de savoir quand et comment s’est opéré le changement. Voir aussi, notamment, le commentaire que j’ai ajouté dans le premier message posté en réponse à ce billet, et qui nous montre mieux que tout, élément matériel à l’appui, que même le faux Conseil constitutionnel s’en bat la rate, de cette distinction par la majuscule.

Mais ce qui m’apparaît encore le plus fondamental dans cette formule d’antan, c’est ce souci de précision qui a consisté à interdire non seulement d’opérer la chose en question, mais même d’en formuler la proposition. Où l’on retrouve merveilleusement l’antique sagesse des Athéniens ! Aux amateurs intéressés par ce passionnant et si utilitaire sujet, quitte à donner l’air moi-même de plonger parfois dans l’argument d’autorité, je conseille très vivement la lecture du chef d’œuvre du Danois Hansen. Quoiqu’il en soit, on ne compte plus les égarés qui n’ont toujours pas compris que cette expérience démocratique qui dura environ deux siècles cumulés pour avoir effectivement bien fonctionné était, jusqu’aux tréfonds de ses mécanismes, entièrement fondée sur la prise d’initiative, en définitive toujours personnelle, par les courageux citoyens volontaires – suffisait d’y penser…


Un avantage particulier, dans le fait de bâtir la démonstration sur l’article 89-5 – avec ou sans la majuscule, d’ailleurs -, c’est qu’on pointe directement le problème fondamental, qui est naturellement celui de la Séparation des Pouvoirs. Maintenant, non seulement cela n’empêche pas de regarder aussi ailleurs, mais cela devient indispensable lorsqu’il s’agit de boucler la boucle en interrogeant le problème de cette sorte d’obligation automatique de transposition des Directives (entre autres objets juridiques du « droit européen ») en Droit, autrement dit en droit français, pour ce qui nous concerne – n’oublions pas, du reste, que les Décisions et les Règlements « européens » s’appliquent automatiquement au plan national, sans avoir à passer devant l’Assemblée nationale et le Sénat…Ainsi en arrivons-nous à la seconde des deux questions particulières dont je parlais au départ.

Seconde question :

Comment diable assurer que «  le droit de vote des parlementaires  » (Députés et Sénateurs nationaux) reste «  personnel  » et (continuer de) frapper de nullité «  tout mandat impératif  » les obligeant (article 27 de la Constitution)… alors que nous sommes indéfectiblement, sauf à en sortir, confrontés à un système dans lequel la transposition des Directives est réputée être garantie à « nos partenaires européens » – l’existence des manquements étant jugée souverainement par la Commission européenne, et les forfaits étant soumis aux peines infligées au pays par la « Cour de justice de l’Union européenne » ?

De deux choses, l’une : soit il y a « grand banditisme judiciarisé » dans le fait de nous condamner assez rapidement à ne pas pouvoir ou vouloir honorer « nos engagements » – ce qui démontrerait mieux que toute théorie qu’en fait « on » savait d’avance soit que l’on mentait soit que ça ne pouvait marcher (soit les deux, pourquoi pas ?) – soit il y a « grand banditisme judiciarisé » dans le fait de nous avoir liés, et de continuer à nous lier, à ce suprême foutoir. Par quelque bout qu’on prenne la question – et quand bien même on aurait la naïveté (du simple fait de l’ignorance ou d’une connaissance trop parcellaire du vaste et complexe corpus des normes réputées être en vigueur) de croire que cela ne résultait pas d’une manœuvre délibérée, parfaitement construite et suivie -, le fait est que nous avons là affaire à un parangon d’insécurité (de vide“) juridique. Situation suprêmement scandaleuse dont les prétendus chefs et élites du Législatif, du Judiciaire comme de l’Exécutif s’acharnent encore et toujours à faire semblant de ne pas du tout s’en émouvoir. Mais qui s’en émeut, finalement ? Qui parle sans rire ni à-peu-près d’un coup d’État ayant été filé en 1992 (du 7 février au 2 septembre 1992) ?

Posture ou imposture ?

Sur quoi un M. Asselineau, pour ne citer que lui (il me faut bien admettre que son cas est particulièrement saillant en la matière), tient à se montrer bien responsable devant une opinion internationale esclave du même type de piraterie détruisant le sens et les sens. Indépendamment de toute posture (ça, c’est une affaire stratégique ou tactique, et pour cette raison il ne s’agit surtout pas de la négliger), je trouve bien plus responsable, a priori, la voie qui consiste plutôt à entendre démontrer par les actes que cette clause – L’Article 50 du TUE – à leurs yeux si sacrée, sacrément raisonnable et sacrément sécurisante, était à la mesure du torchon dans lequel elle était inscrite.

Adossée, qui plus est, au toupet de prétendre Nous apporter, par son entremise, et sécurité et esprit de responsabilité ! Alors que, pour qui sait lire les textes européens autrement qu’en diagonale et sans manquer de suivre les correspondances (sans même parler de “lire entre les lignes”) il est évident que c’est là un parfait traquenard (j’y reviens vers la fin de ce petit essai). Pour qui sait lire, disais-je, contrairement au potache exalté Asselineau… qui, en dépit et surtout du fait qu’il ne peut jamais s’empêcher d’être brillamment sûr de lui, et entre deux briquages de ses prompteurs nouvelle génération, n’a probablement même jamais trouvé le temps de lire jusqu’au bout… la Constitution française qui tient en quelques pages aérées (voir dans les commentaires) !

N’allons pas pour autant dire, bien sûr « une posture telle que celle de Dupont-Aignan » : si ce beau parleur-là se trouve – apparemment – d’accord avec ma personne sur ce seul point-ci (ne pas recourir à l’article 50, ou du moins ne surtout pas commencer par en chier une pendule), il y a aussi et surtout que l’ensemble de sa stratégie européenne annoncée est affreusement ambiguë (au point de se demander en quoi donc voudrait-il bien sortir de l’UE)… nous sommes bien d’accord sur ce point là, Président Asselineau.

Pour finir un peu le travail avant de passer aux conséquences pratiques, mentionnons tout de même que la subordination sans condition est opérée également du côté du Pouvoir judiciaire : la décision du « Juge européen » s’impose tout bonnement et sans recours, et ce depuis déjà longtemps, sur le droit national dérivé, ceci de l’avis du Pouvoir judiciaire français à tous niveaux. Situation qui découle principalement (du moins je le présume), comme une conséquence « en miroir », du « coup d’État européen larvé » commis entre 1963 et 1970 (série de quatre Arrêts bien connue de tous les grands juristes), par « le Juge européen » lui-même, à force de pousser la jurisprudence – dévoré par l’envie de garantir lui-même nos droits fondamentaux – au point de décider que dorénavant… ses décisions ne s’appliquerait / n’engageraient plus seulement les États mais leur citoyens, directement. Un atroce changement de paradigme aux yeux des experts (du moins, de ceux qui ne font pas semblant de l’être), disais-je mais tellement peu de gens savent ça (pour cause) qu’il suffit de continuer à ne pas pointer le problème devant les foules. Après quoi, une fois le méfait bien établi – passé dans les mœurs… de la magistrature – au point que le système national s’y était plié, on vous vendrait vite de la « citoyenneté européenne »… Une idée pourtant absurde au vu des réalités institutionnelles (entre autres). Et dans la foulée, bien entendu, on vendrait aux enfants, à l’école, bien plus effrontément et encore qu’on la vend aux adultes dans les médias, et surtout, tout aussi mensongèrement, l’idée qu’évidemment l’UE, c’est bien, et que même, ça ne peut pas faire de mal – passons sur le flicage des pages Wikipedia en la matière (pour le coup les trolls de service ont des financements pas dégeu, faut-il croire).

Bien évidemment, on a « aussi » violation caractérisée, dans les formes comme au bilan, de l’injonction première de garantir la souveraineté nationale, dont il est d’ailleurs bien précisé depuis le départ que nul individu, groupe, personne “morale” (sic), faction, clique élue ou non, ni Dieu ni maître, pas même le Père Noël, « ne saurait s’en attribuer l’exercice qui n’en émane expressément ».

C’est-à-dire, s’il n’a pas été explicitement et en temps et en heure investi par le Peuple à la fois des Pouvoirs qui lui sont conférés et des missions qu’à ce titre il aura à accomplir. En français courant : aucun chèque en banc qui tienne.

Pour qui est réellement conséquent, il devrait sauter aux yeux, en particulier, que le Considérant n°13 de la Décision 92-308 DC du 9 avril 1992 du Conseil constitutionnel est rien moins qu’un crime contre la Nation, qui établit carrément le principe qu’un Accord international contraignant (supérieur au droit national) n’est plus simplement un ensemble immuable de dispositions expresses entièrement connues au moment de la ratification, mais peut désormais consister à « participer à la création ou au développement d’une organisation internationale permanente, dotée de la personnalité juridique et investie de pouvoirs de décision par l’effet de transferts de compétences consentis par les Etats membres » ! Nom de Dieu…

Bien évidemment, l’armada des fiers aveugles dotés du souverain pouvoir d’abrutir les étudiants pour justifier leurs salaires payés sur nos impôts feront également semblant de ne pas noter l’insulte à l’intelligence que constitue ce léger glissement sémantique transformant un abandon de souveraineté (laquelle substance, “on le sait”, ne se divise pas), en un “transfert de compétence“. Tiens donc, M.Mme le Conseil constitutionnel déchu, machin qu’en d’autres temps on aurait sans nul doute envoyé à l’échaffaud, payé pour traiter de Pouvoirs publics et de Souveraineté, de Droits fondamentaux et de Devoirs des représentants du Peuple, et naturellement de Séparation des Pouvoirs, prétend si peu discrètement nous inventer, ou tamponner lui-même, le concept de Compétence ! Hosannah ! Et bientôt, quoi, la “gouvernance”, ou encore “l’approche qualité” et autres divines créations de l’idéologie néomanagériale ? Très franchement, le pire faux nez économétriste éditorialisant la bave aux lèvres chez BFM-Tétée ne saura jamais me donner pareil haut-le- coeur que le moindre de ces salopards de planqués de juristes bardés de diplômes et scrupuleusement incapables de voir l’évidence.

Mais, s’agissant précisément de cette bande en robes organisée revendiquant le plus ouvertement qui soit la haute trahison de la souveraineté nationale, le problème avec les choses trop grosses, c’est qu’elles passent, comme on dit, d’autant mieux.

Tandis que ces autres clauses que j’ai pointées ici ont en définitive le mérite d’appeler des questions plus évidemment franches, auxquelles le Conseil constitutionnel n’a pas à se dérober, tandis qu’il n’avait pas à s’abstenir de les poser lui-même, le cas échéant, avant d’y donner des réponses claires. A fortiori lorsqu’il y a eu saisine. Ce qui a bien sûr été le cas en cette occasion, et même automatiquement, et ce à la demande du Président de la République, comme le prévoit la Constitution, pour la bonne et évidente raison que le Traité de Maastricht était violemment contraire à la Constitution (en particulier du fait qu’en mettant en place l’€uro, il se proposait de priver la Nation du contrôle de sa politique monétaire).

Mais j’ai assez détaillé les choses à présent. Laissons donc cela de côté… sans pour autant le perdre de vue.

b) Nuls et non avenus

Il découle directement de cette situation d’absolue insécurité juridique bon nombre de conclusions au demeurant effrayantes mais en réalité très rassurantes pour qui réapprend à voir et à prendre les choses par le bon bout.

Au hasard et en vrac : la France n’a en fait jamais reconnu la Cour Pénale Internationale (en 1999 – ouf !), ni le machin tout aussi hors-sol appelé Charte de l’Environnement (2005 –re-ouf !), ni adopté la “Règle d’Or” (très gros ouffe) ni consacré l’atroce “Principe de précaution (énorme ouffe – putain, là on a vraiment cru à la fin des haricots) sans parler d’avoir déconstitutionnalisé, sinon carrément aboli, les principes de Complot contre la sureté de l’État et autre Crime de Haute trahison.

Elle n’a jamais non plus inscrit dans sa Constitution – ce n’est donc plus que dans une loi, d’ailleurs adoptée dans des conditions qui ne lui donnent qu’une légitimité très relative, pour ne pas dire minimale et plutôt précaire – l’interdiction de la peine de mort… pour tous (tiens, dit comme ça, ça ne vous rappelle pas un truc ?) Tous, inclus les monstres ayant commis des actes par nature irréparable par voie judiciaire, tels que la Haute trahison (ou encore, le viol d’enfants, des actes de tortures, le meurtre) !

Or dans la foulée, en pareille circonstance, menacent toujours logiquement de se voir assez vite remises en cause de fait bon nombre de sécurités, à commencer par celle que confèrent les principes de hiérarchie et de proportionnalité des peines… un cadre qui visait précisément à ce qu’au final la peine capitale n’en vienne pas à être appliquée massivement et de manière arbitraire – par exemple, dans le cadre d’une réaction très loyale que le despote pourrait avoir une fois qu’il sera acculé pour de bon par un Peuple en gilet jaune… surtout s’il venait à ce dernier de prendre conscience que le coup d’État est en fait loin derrière nous et à vouloir sortir la France sans délai du monstre « européen ».

Et tant pis si, notamment dans le cas (dans les deux cas) que je viens d’évoquer, celui de l’abolition de la peine de mort pour tous (et celui du mariage pour tous), on avait encore une formule supposément archi-connue et admise – connue, certes ; admise : mes fesses – pour trancher… la question : contrairement aux rares et si insondables lois de la physique, qui ne souffrent par nature aucune exception, et que cela nous plaise ou non, les lois qui régissent nos sociétés non seulement en admettent mais précisément, c’est l’exception qui confirme la règle. (1)

Ici je voulais surtout dire que, pour commencer, le référendum de 1992 est lui-même nul et non avenu. Il l’est en particulier en tant qu’instrument de ratification du traité dit de Maastricht.

Et que donc, même, au-delà, et ce pour chaque Citoyen français (agent d’une Autorité publique ou non), cette situation parfaitement tyrannique implique, que cela plaise ou non, bon nombre de devoirs historiques qui, pour n’être généralement pas confortables, sont des mieux juridiquement fondés. L’énoncé d’un proportion minime de ces devoirs, faut-il le dire, pourrait à lui seul défriser bien d’autres personnes que, par exemple, cette pauvre Première-Dame-de-France dont j’imagine parfois (sans heureusement en ressentir de plaisir) qu’elle relit peut-être en catastrophe, ces derniers temps, le Marie Stuart (ou le Marie-Antoinette, au choix) de l’auteur du Joueur d’échecs et de la Lettre d’une inconnue, romans de pure fiction qu’elle n’avait lu qu’à l’arrache lorsqu’elle était d’ailleurs encore bien trop jeune pour prendre la mesure de ces puissants morceaux de la grande littérature (j’abrège, on aura déjà reconnu un brin du précieux legs historique du grand Stefan Zweig).

c) Citoyen fais ton devoir

Enfin, bien sûr, il y a que parmi tant de ces dispositions nulles et non avenues, on compte l’article 50 en question. Ainsi donc, non seulement, comme on le sait très bien, en cas de force majeure un État peut toujours dénoncer un Traité et sortir de ladite Convention internationale sans égard aux dispositions que celle-ci comportait (aux fins d’éviter les dégâts inutilement causés, assez généralement, par une “sortie non ordonnée” voire également “non concertée”), mais en réalité, il y a aussi que l’esprit et même la lettre de la Constitution interdisent à M. Asselineau et à tout autre Citoyen français de contribuer à recourir à l’article 50… ou d’en appeler à le faire ! Car ce serait tout à la fois : nous entraver plus encore au motif de nous libérer ; le faire en employant un instrument parfaitement illégal ; attenter à l’esprit du Préambule de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, plus haut chapeau et plus bas socle de la Constitution française !

J’espère qu’à présent les choses sont claires. Ce qui suit, destiné aux moins pires des malentendants, ne saurait donc être interprété comme une quelconque “relativisation” de la conclusion qui précède. Autrement dit, pour reprendre justement la précision que fit le délégué Séguin, ce jour maudit de 1992, dans sa déclaration historique prononcée devant le parterre du futur ex-parlement, juste avant d’entamer la « partie fleuve » et néanmoins accessoire du discours susdit, c’est uniquement du fait de force majeure que je me vois à présent contraint de balayer en un bloc l’ensemble du constat politique.

Conclusions d’ordre stratégique ou tactique

Leurres, sirènes… et autistes ?

Le Conseil national du PRCF a adopté le 19 décembre un texte important, visant à la formation d’une sorte d’étape vers la composition d’une sorte de « nouveau CNR »… dans la perspective, donc, de « nouveaux Jours heureux ».

Petit hic, non, très gros, désolé : j’ai tressailli d’horreur en apprenant qu’ils appellent (en même temps) à combattre, « sans merci »… le « climato-scepticisme » – précisant toutefois qu’ils n’entendent imposer à d’autres parties, ce faisant, « aucun exclusivisme, aucun isolationnisme, aucun sectarisme, dès lors que les bases sont claires » (ouf).

Pour le coup, camarades, laissez moi vous dire qu’entre autres calamités ayant frappé le communisme (français), ses instances de formation internes sont (devenues) royalement dépourvues – quant à moi, c’est aux Éditions Sociales que j’ai lu par exemple, les Notes critiques sur la question nationale de V. L. Lénine, Du Droit des Nations à disposer d’elles mêmes, ou encore au hasard, La maladie infantile du communisme [« le gauchisme »].

Je n’ai donc plus qu’à vous proposer mes services de formateur (scientifique) en urgence si vous êtes à ce point à poil sur la « question climatique »…

… qui se réduirait à une non question si l’affaire n’avait pas visé – depuis l’apogée de la guerre froide (du haut de sa pile de bombes thermonucléaires prêtes à péter et à tout péter), quand s’est posée notamment pour l’État (plus ou moins profond) US l’épineuse question d’envisager même à l’arrache un « substitut à la guerre », et ceci plus que jamais en 1991 (une date qui ne s’invente pas vu que nombre de nos élites ont convenu qu’on (elles) avaient perdu nos (leurs) billes en perdant le grand méchant loup).

Pour la petite histoire, la commission secrète en question a d’ailleurs été chapeautée depuis les locaux du « Comité de sélection de la banque Chase Manhattan » (dixit Galbraith en personne, d’ailleurs ex-prof de Kennedy). Du reste, et pour ne citer que ce cas là, de gredin visible et visiblement dynastique (Gorbatchev, lui ne vend pas non plus du changement climatique sur la scène internationale), dès 1984, d’après son rapport d’activité officiel 2005-2010, librement accessible en ligne aux fins de justifier les copieux abattements d’impôts ainsi obtenus sur le dos des gamins de l’oncle Sam, le Fonds Frères Rockefeller (RBF) s’est fait une priorité de concocter un semblant de « consensus scientifique » avant de lancer le buzz dans le bain politique (revendiquant d’ailleurs fièrement, entre autres, d’avoir été le principal animateur d’une “campagne médiatique soigneusement orchestrée” pour assurer le coup d’éclat d’Al Gore à Kyoto), visant très explicitement « un Accord international contraignant » – via, pour info ou pour mémo, un GIEC fondé en 1989 (date qui ne s’invente pas, disais-je) à la demande d’un G7 (devenu ensuite G8) de l’ère Reagan – Thatcher. Le même rapport du RBF insiste également pour dire qu’il s’agissait là d’une claire et insistante aspiration de la maisonnée, tenant même à préciser que cela se vérifie bien dans les correspondances que ses dirigeants pour les questions concernées ont tenues avec les instances de l’ONU – machin dont le siège n’est d’ailleurs pas situé sur un terrain offert par la même maison (laquelle n’en a jamais tiré non plus d’immédiate compensation au décuple du fait que l’opération lui servit en même temps dans le jackpot immobilier qu’elle fit dans le contexte d’un vaste réaménagement de zones de Manhattan assurément sans lien, en tous cas, avec les besoins de locaux que pouvaient avoir nombre de personnels de Wall-Street). Pour ceux qui veulent bien chercher un peu, il n’est ni très difficile ni bien surprenant d’apprendre, ensuite que derrière des empilages ad-hoc puant à plein nez, dès le deuxième clic, le “partenariat public-privé” et dont le nom même est inconnu de tout citoyen décemment occupé, et si typiquement onusiens du reste, de petites officines directement liées à ladite maisonnée (et à quelques autres dont d’autres bien connues), au hasard Climate central, ont pu avoir un pouvoir direct de décision sur les orientations des prochains rapport du GIEC. (2) xptd® ce qu’ils sont mignons.

La mère Thatcher, quant à elle, de l’avis publiquement exprimé de son Chancelier de l’Échiquier du moment, aimait d’ailleurs beaucoup cette « idée », rapport au fait que c’était dans les mines de charbon… que sévissaient les derniers syndicats récalcitrants de ce pays dont les services publics (pour info ou rappel, là encore) embauchaient, peu avant encore, par la voie directe des syndicats… Une idée lumineuse, disais-je, et dont elle a d’ailleurs également tiré la fondation du maudit laboratoire, dit CRU (hébergé par l’Université d’East Anglia), dans lequel sont recélées – et torturées – des données météorologiques de Météo France, entre bien d’autres. Mais aucun rapport avec la sécurité nationale : l’écologie ne peut tout simplement jamais faire de mal. En tous cas, comptez pas non plus sur les mass médias pour lui pourrir la gueule.

Bref, il s’agissait tout simplement de constituer un nouvel « ennemi commun » susceptible de « mobiliser [entendez distraire] toute la force de l’organisation » – ô combien richissime et d’ailleurs pétrolier Club de Rome dans le texte (1991). Ennemi, en l’espèce, des plus malléables qui soit : à faire bander de jalousie l’auteur de 1984.

Bien pire : ce CO2 si bénin est néanmoins la deuxième molécule la plus importante pour la vie sur Terre (après celle, magique à tant d’égards vu du physicien et du géologue comme du biologiste, de l’eau) : c’est couillon, ce fichu poison inodore et incolore (celui que justement on ne voit pas dans la vapeur d’eau s’échappant au-dessus des cheminées des usines) est avec ça l’aliment de tous les végétaux… autrement dit la base de la base de toute la chaîne alimentaire ! Raison pour laquelle soi dit en passant, la planète a gagné un misérable 10% de couvert végétal depuis qu’on a inventé, par exemple, ces saletés de 4×4 et autres porscheries. Ce qui n’a pas empêché l’agence américaine de la santé, voire carrément la Cour suprême des US (?), de classifier le CO2 comme un poison ! Fichtre, heureusement que Trump est arrivé pour mettre un terme à un boxon pareil – mais bien sûr, c’est lui l’ennemi du peuple, des peuples et des grenouilles à venin. Avant que j’oublie, dans le répertoire des médecins, on dit toujours que c’est la dose qui fait le poison – essaie donc de boire 2,75 L de flotte en moins de 10 minutes : mort assurée… par gonflement de toutes tes cellules, après d’ailleurs que ta courante t’ai repris, dans d’atroces douleurs, plus d’eau encore que tu ne t’étais ingénié à ingurgiter. Un poison, par-dessus le marché ! Et maintenant… rampez.

Quant à la partie scientifique du dossier, à part ce que je viens de rappeler très vite à l’instant, il y a que la doctrine officielle, pour être supposément si consensuelle, ne tient pas la route un instant. Oh, je pourrais vous indiquer moi-même, pour les avoir moi-même digérées (c’est, malgré tout, le sujet qui m’a le plus occupé mes “temps libres” depuis 10 ans maintenant), des dizaines de sources des plus accablantes, et ce directement dans la véritable littérature scientifique, revue par les pairs. Mais on ne va évidemment pas s’y consacrer ici. Pour ne pas tout de même vous laisser en plan, voyez donc notamment cette publication scientifique (en anglais, ça…), qui est tout particulièrement éclairante, non pas tant d’après ce qui semblerait (en bonne partie à tort) être la position personnelle de son auteur, mais en ce qu’il constitue un assez bon recensement de celles des publications qui, parmi tant de milliers, constituent les plus remarquables gifles pour le dogme en place (pour le coup vous avez de la lecture…).

Disons déjà plutôt ici que, pour commencer, il y a tout connement qu’une moyenne spatiale de température n’a aucun sens physique, donc aucun sens tout court ! Chose qu’est supposé savoir très bien un élève moyen de math sup’ (autrefois, un potable étudiant de première eut suffit). Et ce hic s’entend déjà même à l’échelle de ta salle de bains, ou à celle d’un litron de binche même pas agité. La formule entendue « le changement climatique » réunit quant à elle en trois mots seulement… à la fois un parfait oxymore (par définition, correspondant d’ailleurs à l’étymologie grecque, le climat, à l’instar d’une latitude, ne se définit nécessairement que relativement à d’autres climats) et un tout aussi pur pléonasme : comme pour tout autre système chaotique, il est parfaitement normal que le climat change tout le temps, à toutes échelles de temps et d’amplitude – mais on fera semblant de croire, par renversement à 180°, que, le chaos est ici l’anomalie et qu’il s’agit donc de dérèglement… Halleluia, que demande Gaïa, je veux dire le peuple). Et c’est bien ce qu’il fait, ô surprise, et ce sans qu’il soit la peine d’y toucher – phénomène démontré mathématiquement depuis déjà plusieurs décennies par un véritable éminent scientifique supposément connu pour être l’inventeur du concept qui fut rebaptisé « effet papillon » (sans égard au fait que sa représentation « artistique » initiale d’un autre animal renvoyait non pas à ce battement d’ailes qui peut effectivement constituer la goutte d’eau faisant basculer de manière décisive le comportement d’un phénomène à très grande échelle mais à une sorte de (parfois joli) dessin qu’on appelle, exprimé dans le diagramme des phases, un « attracteur étrange » – donc en passant, inévitablement un piège à cons, certes…).

Ensuite, c’est justement parce qu’il n’y a pas de preuve et qu’en fait il ne pourra même jamais y en avoir au sens de la question posée (pour cause) qu’on s’évertue à former ou à invoquer un « consensus ». D’abord, bien sûr, parce que, tandis que le con se dira toujours qu’une idée vraie est logiquement adoptée par la très grande majorité, il devrait sauter aux yeux que, du moins lorsque l’on a affaire à un sujet éminemment complexe, il est parfaitement logique que l’étincelle de vérité ne soit, bien au contraire, saisie que par une infime minorité de gens – là encore, suffisait d’y penser. Pour la même raison, en somme, qui veut que nul ne soit prophète en son pays – et que si l’individu persiste il finit couramment par se faire salement malmener, pourquoi pas buter – on a même déjà vu, par exemple au Canada, des pièces de théâtre subventionnées titrer Kill the Climate Deniers. Mais comme tout le monde dit que… tout les scientifiques pensent que… – que quoi, au juste ?

Car principalement par la même construction, indépendamment du fait que la peur fait vendre un max, ce sont les charlatans apprentis sorciers qui viennent chercher ainsi la lumière offerte sur un plateau par « le politique » (et tant de gros sous, de prestige, et accessoirement de crédits pour leurs thésards)… après quoi ces masses qui gouvernent en quelque sorte « les experts » se plaindront qu’il est évident qu’ « on » est gouvernés par « les experts ». Et c’est reparti pour un tour, agitation politique, business et « science » s’échangeant le bébé dans la surenchère… dans un climat de plus en plus chaotique.

Du reste, qui connaît un peu sérieusement la géologie et même seulement l’histoire récente, aurait de quoi simplement hausser les épaules devant ce cirque… s’il n’avait pas, par contre, de quoi s’inquiéter réellement du probable niveau de refroidissement qui devrait assez bientôt frapper la planète, avec un creux autour des années 2035-2060 possiblement comparable à des cas où on vit le retour des grandes famines, de la peste, etc. … et s’inquiéter du même coup que « les politiques » ne s’en inquiètent pas. Demandez donc, notamment, aux spécialistes russes de la modélisation du Soleil si la rentrée dans le rang de Kyoto de leur pays a eu d’autre raison que celle de profiter, via une insertion dans l’OMC, d’une manne de « droits à polluer » à coups de CO2 qui lui coûtait d’autant moins que son économie venait de subir une copieuse dépression des suites d’une mise au pas sur le mode du Consensus de Washington. Quant aux peuples, et quant à la plupart des responsables politiques œuvrant sur un territoire normal, je veux dire national, il n’ont évidemment pas la moindre idée du pédigrée – abracadabrant – ni même du nom du plus acharné des bâtisseurs onusiens (dans ce domaine là, mais finalement peut-être bien, toutes catégories confondues) de l’interdépendance réalisée précisément au motif de composer avec (voir notamment le remarquable ouvrage de Pascal Bernardin intitulé L’empire écologique) – j’ai nommé Maurice Strong, dont il suffirait déjà d’aller lire la notice Wikipedia pour vous sentir tout de suite très rassurés. Mais passons donc encore, nous avons paraît-il bien mieux et plus urgent à faire…

Encore et toujours ce mythe de la caverne dont nous autres grands enfants nous acharnons toujours si bien à en faire un conte de fée, sans parler de se souvenir de la chute. Pour ne pas parler de ce qu’il advient dans un contexte bardé d’organisations de masses (les partis politiques n’étant qu’un étage du merdier électoraloélectoraliste), où toute structure luttant pour s propre reproduction s’applique avant tout, pour ne pas pénaliser gravement son combat nécessairement toujours aussi difficile que sacré, à ne surtout pas se traîner de sales gamelles au cul.

Je note en passant (rapport à la manœuvre du PRCF) que, s’agissant de lutter, également « sans merci » contre « l’homophobie » – c’est toujours brillant, si émouvant par surcroît, les inventaires à la Prévert (blague à part, surtout pour un parti situé « ontologiquement » loin du Gouvernement, je pense que ce genre de rédition aveugle à toutes les fables secrétées par un capitalisme récupérant plus que jamais tout ce qu’on veut, est complètement suicidaire -, le terme con-sacré est repris par eux pour argent comptant, sans la moindre suggestion de critique. Et carrément sans même voir le problème du singulier, autrement dit du paquet quitte à en arriver là et même à souhaiter y rester bien au chaud, s’est-on demandé s’il n’existerait pas plutôt 7, 9, 13, … 1057 différentes catégories d’homophobie… ou de manière d’être homosexuel ? Car il s’agirait en plus de croire que ces gens qu’on est ainsi sommés de foutre dans le même sac, ont les mêmes aspirations, les mêmes idées, la même culture… et pourquoi pas le même parti politique ! Eh quoi encore ? Bientôt on les invitera à fonder une même nation ? Nan mais c’est pas un peu fini ce cirque ?! A quand donc, enfin, un Président psychanalyste conventionné et qui surtout, vous inflige sa longue (et tout aussi onéreuse) cure à ce titre ? En attendant (enfin, Hollande était déjà passé à deux pas d’inaugurer en place publique la représentation géante d’un plug anal), votre gauchisme des plus doctrinaires, carrez le vous donc bien profond, par derrière si ça vous chante, et surtout continuez à vous appliquer ainsi à demeurer méprisés et même – tout mais pas l’indifférence… – inconnus de tous. A ce sujet, et avant de te fâcher, pauvre lecteur égaré à force de voir le droit nous enfumer au lieu de nous éclairer, voir le long commentaire que j’ai renvoyé en annexe.

C’est que oui, cent mille pardons, je me trompais – lourdement, même. Ou bien, je ne pensais pas qu’ils se trompaient eux-mêmes, et sur eux-mêmes, à un tel point. En termes marxiens-léniniens, ce qui me permettra d’abréger cette parenthèse, je ne m’attendais pas à trouver jusqu’au Conseil national du PRCF un tel degré de maladie infantile du communisme, bref, de « gauchisme ». (3)


Goutte d’eau de l’€uro et trahison de la Gauche d’élite

Comme je l’ai expliqué précédemment ici (citation à l’appui), une assez large f(r)ange de la « Gauche de Gouvernement » (mais je suppose que c’est un peu la même chose à Droite) a voulu Maastricht non seulement alors qu’elle savait parfaitement que l’euro serait intenable mais précisément parce qu’il serait invivable. Cette dialectique macabre (vous aurez reconnu, là encore, les symptômes de la perversité, toujours criants pour qui apprend à les lire mais toujours trop subtils pour apparaître comme tels sinon) qui sous-tend le projet européiste, dans le pendant de Gauche de ce nationalisme “européen” avant l’heure, impérialisme du présent qui d’ailleurs pourfend tous les nationaux de France et de Navarre, peut se résumer ainsi : justement parce que les peuples allaient en baver à cause de la monnaie unique, en baver toujours plus et sans aucun espoir que des aménagements nationaux puissent y changer quoi que ce soit, ils seraient inévitablement amenés à porter « la revendication d’un nouvel approfondissement de l’UE, pour consolider son “pilier démocratique” et son “pilier social” » (drôle de charabia sans doute révélateur ; moi je ne connais guère que des piliers de soutènement et des piliers de comptoir, le reste me paraît tout bonnement insensé, et d’ailleurs, et surtout, on voit vite que Jacques Généreux, brillant économiste et excellent pédagogue, c’était à prévoir, n’a aucune idée autre que très manifestement bancale quant à la réforme des institutions en général). Pour voir ce plan fanatique dans une perspective plus longue : ces peuples, ils allaient donc bien devoir se rebeller pour reprendre contrôle sur l’UE… ce qui leur imposerait de s’unir entre eux d’une manière ou d’une autre (on ne sait comment, malgré tant d’obstacles, mais chacun sa merde)…, condition sine qua non de la formation de ce peuple européen sans lequel on ne peut avoir d’État fédéral.

Naturellement, au sein du Parti de gauche (ancêtre de “La France Insoumise”) comme en dehors, la plupart des gens n’ont pas du tout compris le projet, et ils continueront ainsi de se faire enfumer copieusement. Car la pratique de cette stratégie perverse que l’on qualifie parfois de « politique du pire », c’est en particulier le lot d’un Jean-Luc Mélenchon : issu de réseaux trotskistes revendiqués (où il reçu le nom d’agent Santerre (ça ne s’invente pas, et avec ça son prénom est (ou serait) Jean… ça sonne effectivement bien même si Michelet parle lui-même c’un citoyen Santerre dans ses Scènes de la Révolution française), PS (infiltration dudit, à la veille du « tournant de la rigueur » qu’il s’agissait évidemment de « voiler » sous le déluge idéologique de la « nouvelle gauche », celle des pâquerettes, du féminisme hystéricococastrateur et du droit-de-l’hommisme déraciné (pour commencer non encré à aux conditions qui permettent celle de Citoyen (*)), puis PG (Parti de Gauche, là le mot est lancé) après avoir mené la scission au sein du PS (pour tout changer du dehors pour que rien ne change, surtout pas en matière de rabattage pour le précédent machin électoraloélectoraliste, donc – pêche aux voix le dimanche, pas des poissons, crétin…), en passant, je présume, par des machins type Collectifs Unitaires Antilibéraux (même type d’officine de rabattage, mais cette fois avec le plébiscite bien plus subtilement acquis d’Assemblées plus “ouvertes” mais où ça reste les partis qui ont et l’initiative et le véto) ; FdG (pour Front de Gauche – idem, sauf en partenariat direct avec le PCF qui alors n’en avait définitivement plus que le nom, et n’avait même pas mieux à faire d’un million de ses mécènes rouges que d’aller les prêter à cette officine puant le trotskardisme à cent bornes, et avec une babiole ad-hoc dérivée pour l’occasion de l’auberge espagnole sur pâtes NPA et assimilés), puis on en arrive à la m6r (mdr – rabattage direct des socialistes dans la Gauche (la Sinistra du parlement, par définition), des patriotes dans la collaboration avec l’empire (d’ailleurs dénoncé “surtout pas US”, encore moins “anglais”.. mais carrément comme “allemand”… par les mélenchonistes quand ça arrange, mais c’est nous les nationalistes guerriers !), des internationalistes (notion qui suppose déjà la conservation des Nations) égarés dans l’aventure… supranationale et, naturellement, encore et toujours, dans l’opération cancéreux de l’électoralisme – cf. mon article “Sénéchal, nous voilà“), maintenant φ… (et à plusse dans le bus quant t’auras fini ton thé), entre deux opérations d’épurations de « fachos » au festival des Nuits debout…

… et autres opposants, au hasard, à tout ce qui menace carrément et le plus ouvertement, de nos jours, les cellules intime, familiale, nationale, comme les autorités temporelles et spirituelles : en vrac, « climato-négationnistes » (l’emprunt, c’est signé ?), les pourfendeur de sionisme idéologique pratique, de féminisme châtreur châtré ou de pédérastie libérée adoptive, toute surenchère dans la perversion bienvenue sur le marché (encore une fois, voir l’annexe, si t’es perdu, avant de montrer bêtement les crocs), les réopeunistes de la onzième et de la neuvième heures, et tout le toutim. Naturellement, au besoin, le sale boulot, dans le passage à tabac et dans l’infiltration de manif comme dans la balance, sera couramment fait par des types qui se disent anarchistes et se présentent typiquement sous les oripeau d’un punk, autrement dit d’un type supposé avoir passé avec lui-même le contrat du clown : envoyer bouler la société et rire jaune, ça oui, mais assurément pas agir comme le berger allemand d’une milice au service du monarque en exercice…

(*) On ne manquera pas de songer ici, bien entendu, au « petit glissement » opéré, presque machinalement désormais, entre les références à deux textes historiques pourtant bien différents, signés à des dates (1789 pour l’un, 1948 pour l’autre) et en des lieux très différents du reste (une Nation pour le premier, un repère de pirates supranational pour le second), mais qu’on désigne bien souvent, l’un comme l’autre, généralement sans y penser mais pour notre grand malheur, par le même terme de « Déclaration des Droits de l’Homme »).

Pour cela, une condition était tout de même nécessaire, évidemment : que l’idée de sortir de l’Union européenne soit rendue impensable. La crise avançant, il fut nécessaire d’aménager un peu la donne : il suffirait que les discours de certains faux opposants – naturellement très critiques quant à l’UE réellement existante (ça ne mange pas de pain, et d’ailleurs tout le monde l’est, oui ou merde ?) – donnent seulement l’illusion qu’une sortie de l’UE est envisagée. En général, comme cela a bien été montré – notamment par l’UPR et par le M’PEP-Pardem, chacun à sa manière [voir aussi, par exemple, le récent article de Mme M. Pernin sur son site “Contre la Cour”] -, une lecture un peu attentive des programmes suffit pour constater qu’il n’en est rien de rien et que c’est une pure arnaque, une parfaite fausse opposition contrôlée. Mais à l’avenir, bien sûr, la crise et la grogne populaire s’aggravant, il n’est pas du tout à exclure que certains candidats en viennent carrément à en faire la promesse, plus ou moins solennellement, tout en ayant la ferme intention de ne pas la tenir. En attendant, les Tsipras en sont déjà à soumettre à la question, par agences ad hoc interposées via les services secrets de “leurs” États, jusqu’à d’anciens camarades… tandis que la mortalité infantile de leur pays a de quoi émouvoir plus, c’est dire, que le taux officieux de non emploi. Mais bien sûr aucun rapport entre Tsipras et cet effectivement dangereux Méluche qui, d’ailleurs, l’a si bruyamment soutenu dans des temps pas si reculés ou le premier n’en était plus qu’à quelques semaines de trahir le référendum national qui avait sans chichi envoyé bouler les désidérata des représentants de l’empire de la haute finance (ah, tu te souviens même plus ?). No pasaran, c’est ça, oui : t’es con ou tu le fais exprès ?

En tous cas, depuis le vote britannique en faveur du Brexit, il y a que le tabou suprême a volé en éclats. Mais rien n’est encore fait pour le reste, et nous allons voir que la vigilance la plus ferme sera requise. Pour commencer, il va falloir faire plusieurs clarifications, car beaucoup de gens ne comprennent pas bien le problème.

La loi des Traités vivants (l’ONU à nu)

Ayant déjà évacué, j’espère, le cas de la plupart des sirènes, venons-en directement au mouvement politique qui est vu par beaucoup, à tort ou à raison, comme le nec plus ultra en matière de Frexit (les Anglais ayant adopté le concept par le fait accompli, il n’est que justice que d’en faire, pour le coup, un véritable « acquis communautaire ») : l’Union Populaire Républicaine (UPR). Soi dit en passant, j’y ai bien volontiers fait un passage moi-même, d’ailleurs, certes juste le temps (un an encarté, quoi) de bassement cotiser à la très belle et très bien organisée campagne présidentielle de F. Asselineau… tout occupé que j’étais pour apporter quoi que ce soit en nature (merde, tiens, pendant que j’y songe, j’ai encore oublié de profiter de mes abattements d’impôt – quand on est con… ça se soigne). S’agissant du programme de l’UPR, je n’ai justement à contester que son point concernant le désormais fameux Article 50 (du bien nommé TUE).

Un détail… énorme, disais-je, mais qui du reste impose le respect… de l’intégralité des traités jusqu’à la sortie !

L’UPR n’a de cesse d’insinuer, parfois même d’affirmer carrément que, si un candidat ne promet pas d’y recourir, à ce fichu article 50, cela prouve – automatiquement [calmons nous… sans quoi effectivement, on ne va pas y arriver] – que le péleau n’a pas l’intention de nous sortir de l’Union €uropéenne ou que, d’une manière plus générale, “il n’est pas sérieux”, voire que ce serait un irresponsable ou une sorte de nationaliste fanatique disposé à fâcher la France avec le reste du monde. Au choix.

Le problème, au-delà de ce que j’ai souligné trois fois en rouge dans la première partie, est que l’UPR, en nous rebattant les oreilles avec ce maudit Article 50, non seulement sème une division inutile (du reste, les bons chefs ont aussi tendance à ne pas comprendre que l’exclusivisme revendiqué de manière trop répétitive, sinon, compulsive, fait fuir les gens) mais le fait tout en proposant une ligne qui serait, dans l’exercice du pouvoir, très certainement impraticable – ou bien MM. Asselineau et son lieutenant Brousseau sont-ils grands fans du contrôle des changes, eux qui du reste ne proposent surtout pas de sortir du FMI, ni de l’OMC (ni de la Convention cadre des Nations unies pour le Climat, etc. Passons). En d’autres termes, on peut se demander qui sont les irresponsables, ou encore, qui avance masqué, qui s’apprête à faire ce qu’il ne dit pas et à ne pas faire ce qu’il dit, qui tend à changer son programme en cour de route. C’est Solon.

Je suis peut-être bouché, mais au-delà de la référence à l’article 50, le message politique semble bien être le suivant : il s’agirait de sortir de l’Union européenne en suivant une procédure entièrement conforme aux traités UE. L’article 50, dans son paragraphe 3, rappelant d’ailleurs très naturellement que les traités UE s’imposent dans leur intégralité à l’État sortant jusqu’à la date de la sortie.

Il m’a semblé intéressant d’aborder le sujet en partant de cet extrait d’une objection qui m’a été adressée par quelqu’un qui se présentait vaguement comme un sympathisant (ou un adhérent ?) de l’UPR – je ne sais s’il était mandaté, mais je pense pouvoir dire que, la plupart du temps, son propos est fidèle à la ligne du mouvement : « Vous savez ce que fait le Gouvernement anglais ? Il prépare sa sortie de l’UE en menant des négociations dans le monde entier, avec l’Inde, le Mexique, la Corée du sud, l’Australie, la Nouvelle Zélande, Singapour, etc, pour remplacer les accords avec l’UE. Ensuite, il activera l’article 50. Point. »

Effectivement, et j’avais même déjà entendu M. Asselineau en personne évoquer ces négociations, saluant à raison le bon sens du gouvernement britannique et rappelant que la coopération internationale existe, bien sûr, hors de l’UE. Évidemment, c’est le genre de choses qu’il faut faire, c’est même sans doute vital. Il m’accorderait même que l’UE est précisément conçue pour empêcher les États-membres d’entretenir une coopération saine avec les autres États (dans l’UE comme en dehors). Pour illustrer en l’espèce le schéma par essence pervers du diviser pour régner, unir de force et dans la diverse perversité, etc., et nous rendre impuissants et nous lier quoi qu’il en soit à l’empire, je crois qu’il préfère en appeler à l’antique art chinois de la guerre, pour parler de « stratégie des chaînes », un truc du genre.

J’en profite d’ailleurs pour lui faire observer, comme je l’avais déclaré droit dans les yeux – il y a de cela une douzaine d’années je crois, devant une salle qui se tenait dans l’Opéra de Lyon, sous le saint patronage du journal Libération – au moine soldat faucialiste expert du sport en « Chambre Verte » j’ai nommé Pascal Lamy, alors et longuement DG1\\0.1 à (de) l’Organisation Mondiale du Commerce : pour qui sait voir, il est très clair que, sous couvert de réglementer le commerce international, l’OMC a précisément pour mission, tout au contraire, d’en interdire la règlementation (“il est interdit d’interdire”… et de rire, aussi, oui). Si cela n’est pas clair chez vous, c’est fort gênant en effet. 

Au fait, vous de l’UPR, souhaitez le retour à la Charte de la Havane, ou bien même pas ça ?

Par ici la monnaie

Au cas où vous ne l’auriez pas non plus remarqué, la mission du Fonds monétaire international – post-1976, du moins, soit le Bretton Woods 3.0 (1976 étant l’année d’adoption des Accords de la Jamaïque portant réforme d’ampleur des statuts et missions du FMI) -, au-delà du fait de nous imposer une logique qui veut que « nous pay[i]ons les américains pour qu’ils nous achètent  », et d’interdire d’espérer qu’un quelconque Bancor (monnaie commune internationale) soit instauré avant votre mort, et bien d’autres réjouissances secondaires dans le même charitable geste, est rien moins (relisez les Accords de la Jamaïque) que de réaliser la prophétie autoréalisatrice d’un “marché monétaire” (mondial), c’est-à-dire, en réalité, d’un marché total, évidemment totalitaire, qui fonctionnerait tout seul comme par magie (noire), donc il va marcher : suffit précisément de lui ôter ses entraves (comme un peu de souveraine monétisation, au hasard et surtout au besoin).

Mais pour que les choses soient bien claires (et les futurs programmes bien baisables), ne manquez surtout pas non plus de lire en passant les textes de droit national étasunien vous rappelant que le réseau Fed est un cartel de banques privées (il est légalement habilité à décider souverainement de prendre en pension ce qu’il veut, de la part qu’il s’accapare de bénéfices de l’exercice à concurrence de 6% (petite bite), ainsi que les taux et autres conditions qu’il applique, à ses guichets, aux banques de dépôt… et aux agences gouvernementales nationales et fédérales : enfin ça, pour le coup, c’est fini depuis longtemps, là-bas aussi. Vous prendrez donc également bien soin de vérifier que, même pour nos amis ricains, il n’y a plus eu d’achats ni réalisés ni autorisés sur le « marché primaire » depuis début 1979 – en application d’un Act quelconque suivi d’un décret daté de la fin 1978.

Ceci sans me faire dire que ce genre de pratique respectant tout simplement le titre VIII de la Constitution des USA – ou l’article 34 de a Constitution, en ce qui nous concerne -, autrement dit la souveraineté toute théorique du Congrès des USA (respectivement, du Parlement français) s’agissant de battre la monnaie ayant cours légal et forcé, et d’en déterminer la valeur faciale, s’est souvent produite dans l’Histoire – voyez comme les encours des Greenbacks sont allés chercher haut… même aux alentours de la Guerre de Sécession. Pour finir sur cet aspect, et quitte à démonter une fois de plus le cher dada de dadaïstes intéressés, ce n’est pas que depuis la fondation (assurément crapuleuse), en 1913, de ce Machin qui n’est pas plus une réserve (publique) qu’il n’est fédéral (donc public) que l’Institut d’émission est privé aux States : c’est depuis bien plus longtemps et même dès le début de l’aventure (de la Fédération) : 1791.

Mais cela comme partout ailleurs ! Ne songeons pas seulement aux cas les plus anciens de la première de ces mal nommées institutions maudites, la prétendue « Banque d’Angleterre » (fondée en 1694 – nationalisée seulement en 1945 elle aussi), de celle dite « des Pays-Bas » ou de celle dite de telle grande Cité italienne marchande de la Renaissance, en passant par le cas supposément « de France » (1800). N’oublions pas, par exemple, que l’avatar de Francfort, prétendument allemande, a été « institué » (si je puis me permettre les guillemets) à une époque où il est franchement douteux que l’idée d’État-nation ait été assimilée par nos semblables d’Outre-Rhin et, même, que la Constitution de Weimar (alors pas même encore adoptée) ait été là pour garantir le B-A-bah des protections que confère notamment le principe de non rétroactivité des lois.

Évidemment, je ne parlais pas là de cet autre monstre de la fausse monnaie j’ai nommé la BCE, qu’on a cru bon, faut-il croire, de domicilier lui-même, plus tard, en quelque sorte près de ce même ghetto d’où sortit il y a quelques siècles cette dynastie qui, dans sa plus grande forme au XIXe, plaçait jusqu’à la moitié en gros des titres de la Couronne d’Angleterre (mouais, ‘peut mieux faire….) – pour le coup je cite le chiffre de mémoire, mille pardon plus les intérêts, mais s’agissant de cette note au sujet de la sainte famille Mayer faite incontournable “dynastie” Roth-Child, on trouve aisément ça, au hasard, en note de bas de page dans le 1er volume de la trilogie totalitaire d’Hannah Arendt, et je suppose que c’est même copieusement documenté dans les archives officielles de la famille susdite (archives dont l’empilage physique représenterait tout juste 1 Km linéaire… aux dire du premier et seul doctorant à avoir été appelé à y mettre un peu d’ordre, une remarque qu’il fait lui-même dans son mémoire accessible en ligne tout comme l’interminable table des matières desdites archives).

Pour finir (ici) sur ce seul sujet (monétaire), toujours s’agissant de veiller à ne pas se faire plumer fissa la souveraineté populaire sous couvert d’une idéologie s’offrant à moindres frais l’image de la défense de la souveraineté nationale, je vous invite à regarder de très près (puis de très loin…) l’image ci-dessous.

T’as vu l’avion ? Voyez, par exemple, pour ne pas parler de choses plus flagrantes encore, comment les gracieuses augmentations de pouvoir d’achat, de temps libres et autres retraites conventionnées octroyées en 1936 ont été réduites à moins que rien avant même la fin de la même année… eh eh eh. Juste avant que la Banque « de France » détourne l’or de l’Espagne, qu’elle recelait alors un peu malgré l’Espagne tout de même et avant qu’elle participe joyeusement à l’orchestration de « l’Étrange Défaite » (cf. Mme A. Lacroix-Ritz) puis de repartir bientôt, à peine deux décennies plus tard, comme en quarante (l’essentiel du Circuit du Trésor fut défait brique par brique bien avant 1973, à coup de glissements qui pourraient avoir paru comme tout administratifs) ? Et si d’aucuns se pignolent (ô combien je les comprends) avec le souvenir de ce merveilleux Circuit du Trésor qui finança si bien nos futurs services publics jusqu’aux plus stratégiques, songeant que pas grand monde ne sait ça, c’est encore oublier que ce système (inclu la “nationalisation” de la BdF) avait été mis en place sous Pétain, donc vraisemblablement pour un maître bien de chez nous – ah, les révolutions colorées, ce que c’est efficace…

C’est encore oublier, disais-je, outre le bébé de l’eau du bain que fut ce Conseil National du Crédit alors aussi « paritaire » (et cher au PCF encore un peu lucide en 1973) qu’il était un suprême organe de direction de la politique monétaire, avant de n’être plus qu’un vague consultant…

… d’une Banque [de France] devenue indépendante – surtout s’agissant de décider du panel des sacrés collatéraux – réduite à l’open bar… je veux dire à l’Open barquette et qui serait bientôt contrainte elle-même de réaliser les prévisions d’un cartel devenu too big to fail. Quel niveau d’ignorance ou de connivence faut-il atteindre pour ne pas voir cette évidence-là (non plus), ou faire semblant de ne pas la voir ?

Tiens, désolé, mais sans faire une fixette sur l’UPR, je ne me souviens pas qu’un Vincent Brousseau se soit encore jamais montré, de ce point de vue, autrement que comme un bon élève bien orthodoxe à souhait – avant d’être tenté de dire, parce que quand même, faut pas pousser à ce point mémé dans les orties, que cette clique est libérale (sic) , rappelons-nous par pitié que sa majesté von Hayeck himself avait tenu à souligner que, lorsqu’à un réseau de banques gérant librement la création monétaire est adjoint une banque centrale, nous obtenons un système totalitaire – oups. Mais bien entendu, au nom du combat effectivement prioritaire pour la sortie de l’euro, de l’UE et de l’OTAN, on prétend ainsi présenter – pire, on croit soi-même présenter – une position neutre alors qu’elle est sans le moindre doute dangereusement ultralibérale.

Naturellement, on ne s’étonnera jamais, non plus, que cette énième boutique se voulant rassembler au-delà de tout clivage n’attire un peu durablement que des petits et moyens bourgeois (le grand bourgeois, lui, a encore la lucidité de voir que la lutte des classes, à l’instar du pouvoir proprement stupéfiant de l’idéologie, invariablement masqué sous le voile de l’évidente neutralité, est une implacable réalité).

Cela dit, je dois avouer que je ne comprends pas grand chose à leur cuisine et à ce qui m’apparaît surtout comme grandement confus du point de vue de l’approche juridique. Je crois tout de même savoir, en particulier, que l’UPR n’a aucunement l’intention de sortir ni du FMI ni de l’OMC, alors que ce sont-là deux cas évidents (et notablement nocifs) d’instances supranationales amenées elles-mêmes à secréter et imposer des normes contraignantes. Je ne vois donc tout simplement pas ce qui les amène à vouloir sortir la France de telle ou telle entité de ce type mais pas de telle autre. D’un autre côté, si M. Asselineau semble manifester une conscience aigüe de ce que les traités de libre échange sont un magnifique instrument de domination impériale, il semble aussi qu’il lui suffise à peu près de réduire le phénomène au cas d’un empire on ne sait bien comment associé à une sorte de Nation, de patrie, en quelque sorte essentialisée comme culturellement anglo-saxonne. Comme si un empire pouvait avoir une patrie… autant dire qu’un cancer préfère me bouffer moi plutôt que mon voisin de palier. Et comme si on ne s’accordait pas depuis des siècles s’agissant de dire que par construction, une Nation ne peut se maintenir en dominant les autres, vu que l’impérialisme ronge ses propres institutions et mœurs. N’est-ce pas pour la même raison qu’en dépit de sa faculté à apprécier cette grande faculté qu’on les mouvements indépendantistes (breton, écossais, catalans, tibétains) à se faire récupérer par l’empire, M. Asselineau se laisse en définitive, c’est du moins mon impression, assez facilement aller à un peu trop de suffisante complaisance sur le versant du nationalisme français ? Mais ne tombons pas dans un jeu de devinettes sans fin : je répète qu’à la base de tout cela, je vois surtout une assez grande confusion, ou du moins un manque de conséquence (sinon une assez grande et rédhibitoire ignorance) sur le terrain juridique. J’y viendrai d’ailleurs, en commentaire, puisque l’on vient de m’inviter à visionner (pour la troisième fois, du coup) la conférence de François Asselineau intitulée “Le jour d’après” : qu’à cela ne tienne, je vais donc repartir de là, on verra vite combien M. Asselineau a les idées claires en matière de droit constitutionnel. Il y a là franchement, des anomalies qui sautent aux yeux, et non des moindes.

Indépendante, la Banque [nationale], mon cul : évidemment, un Pouvoir, surtout un d’aussi fracassant, ne tient pas par l’opération du saint-esprit : outre que le principe d’indépendance de la banque centrale est un parfait bras d’honneur à Montesquieu, d’après qui il s’agissait précisément que, par la disposition des choses, le Pouvoir arrête le Pouvoir, son indépendance envers le peuple français, à cette grosse pute de Banque des banques prétendument “de France” à nouveau complètement vendue, a pour évident corolaire, par construction, comme pour toutes ses semblables à travers la quasi-totalité de la Terre, sa dépendance totale envers des pouvoirs nécessairement occultes du point de vue du Peuple – qu’importe qu’ils soient réputés plutôt “étrangers mais publics” ou “privés mais vaguement nationaux”.

Bon, en 1968 (retour au graphique ci-dessus), seul cas hors temps de guerre (là, on doit supposer que tout est permis), on a carrément un “NA”, un trou dans les comptes (non représenté sur cette version mais effectivement indiqué ainsi dans la comptabilité de la Banque de France). 1969 de Gaulle chassé par « la chienlit » et « sa décentralisation »… dormez bien. C’est con, d’ailleurs lui envoyait des frégates de la grande muette nationale pour récupérer au port de NYC l’or que les ricains nous devaient (les princes fritz, eux ont vite préféré faire profil bas). Oups, voilà déjà 1971 : sous les assauts de la puissante armée US, les grandes banques centrales sont contraintes d’acheter des monceaux de dollars pourris… pour empêcher la flambée de leurs monnaies après quoi Nixon largue avec un dernier bras d’honneur les dernières amarres déjà toutes théoriques que le dollar avaient sur l’or. 1973 (re-satellisation libre et non faussée de la Banque “de France, politique monétaire réduite à l’open market, et fermeture définitive du “Circuit du Trésor”). 1976 (Accords de la Jamaïque établissant le monétarisme totalitaire dans les statuts et missions du FMI). 1978-79 : les US eux-mêmes (sans doute les derniers ou presque) finissent, disais-je, de se mettre aux normes dudit monétarisme totalitaire. Merde, on arrive déjà à 1981-1983. 1984 : désindexation des salaires. 1986 :« libéralisation financière » à tous vents et à toute vitesse. En parallèle : “Serpent Monétaire Européen” (SME) versions 1 puis 2… mais de toutes manières sous contrôle de la loi sacrée de totale liberté de circulation des capitaux. Et bientôt des marchandises (fondation de l’OMC au 1er janvier 1995 ; AGCS ; coup d’essai de l’AMI ; commerce international devenant compétence unique de l’UE en 1999 ; etc.) – avant de passer à celle bientôt contrainte et forcée, de l’armée de réserve de ce charmant facteur de production qu’est la force ouvrière…

… au point que François Asselineau en personne se met enfin à ouvrir les yeux en grand (sans pour autant comprendre qu’il arrive après la bataille et surtout à la fin du processus que je viens de décrire dans ce paragraphe). Donc un SME aussi viable que le divertissant délire « socialiste » de 1981. Puis tournant décisif de l’Acte unique (1986). Enfin, 1992 : couic final, avec, disais-je donc, coup d’État en bonne et due forme. Mais F. Asselineau, comme presque tout le monde en vue, semble imaginer qu’il a fallu attendre 2005 voire 2008 pour que ce soit établi une sorte de “dictature qui ne dit pas son nom” (voir dans les commentaires)… – du reste, si ça ne le dérange pas de ne s’être politisé qu’à un si grand âge, même l’anonyme jeunot que je suis a bossé depuis plus longtemps que lui sur l’ensemble de ses dossiers ou presque, entre tant d’autres (après, je respecte bien évidemment les ambitions que chacun s’attribue librement).

Avant que j’oublie : j’ai sans doute manqué bien des épisodes (?), mais quelqu’un pourrait-t-il me rappeler la position de tel ou tel parti sur l’épineuse question du « Franc CFA » ?

J’ai souligné plus haut l’idée que le FMI (après 1976) avait pour mission rien moins que de réaliser la prophétie autoréalisatrice d’un marché total qui fonctionnerait tout seul, hors du politique. L’avoir souligné aussi clairement de je l’ai fait plus haut, et en l’occurrence en des termes plus polis, à qui de droit, a d’ailleurs valu censure pure et simple de mon message sur le wèblogue de Giscard himself (gime a five). Un blog d’ailleurs fermé depuis. Comme quoi il était si solennel, depuis ses hauteurs crapuleuses du Présidium de la Convention machin chose qui a pondu le TCE en écartant d’une main de maître toute opposition à ce qui était déjà décidé sur toute la ligne. Mon message censuré, outre qu’il était sur un fil souvent cité par certains des tenants français du chartalisme (A.-H. Holbecq, É. Chouard, bibi et consorts), y côtoyait quelques joyeux délires « conspimachinchose », en tous cas ni cordiaux ni appliqués, des message qu’on ne s’embarrassait pas de nettoyer, eux : c’eut été bien dommage de se priver de cette bénévole diversion.

Et qu’importe si, par construction, les soi-disant « marchés financiers » précisément n’en sont pas : ceci non pas tant parce que la marchandise en question est refourguée par un cartel, ou du fait de diverses subtilités faussant l’arbitrage merveilleusement efficace de la concurrence et de la juste allocation des ressources, mais tout simplement parce que ce genre de bon point ou de grande image, pudiquement dite « l’offre » dans le tableau en question, même pas optimale pour se torcher le derrière… ne coûte rien à fabriquer ! Mais tout le monde, tenants comme opposants de la bête, nous rebat les oreilles avec cette formule, de sorte que, là encore, le premier résultat de cette cacophonie est de cacher cette simple et terrible réalité. A quoi s’ajoute d’autres anomalies devenues criantes, notamment le fait que, depuis déjà trop longtemps – disons depuis les premières réalisations du « Nouveau mur de l’argent », il n’y a plus ce mécanisme de rappel qui voulait qu’une entreprise qui tendait à être trop endettée (en banque) suscitait moins de financement via la Bourse, et vice et versa (cf. Jean-Luc… Gréau, Le capitalisme malade de sa finance).

Retour au Brexit

Quant à l’idée d’attendre d’avoir fini de telles négociations commerciales bilatérales tous azimuts pour seulement activer l’article 50, elle est d’autant plus loufoque que cela signifierait perdre énormément d’un temps précieux (pour le coup, je ne pense pas que ce soit du Asselineau, au contraire).

Pour reprendre une approche rigoureusement juridique, le problème, ici, est que, selon l’interprétation de la Commission européenne, les traités interdisent à la Grande-Bretagne, tant qu’elle n’est pas sortie de l’UE, non seulement de signer, de son côté, des accords bilatéraux ou multilatéraux qui, portant sur le commerce entre la Grande-Bretagne et d’autres pays, pourraient entrer en vigueur avant la sortie, mais même de mener de telles négociations en vue de futurs accords, quand bien même ils ne sont présumés s’appliquer qu’après la sortie. D’après les traités, du moins selon la Commission, tant que la Grande-Bretagne n’est pas sortie de l’UE, c’est à la Commission (DG1 et « comité 133 ») de négocier à sa place les accords de commerce avec tout pays tiers.

Je lis en effet, dans Le Figaro : « Une fois parti, le Royaume-Uni devra développer ses propres accords commerciaux, rôle qui, pour l’heure, revient à la Commission européenne. Theresa May s’est vanté d’avoir préparé le terrain et entamé des discussions avec l’Australie, l’Inde, le Mexique, Singapour et la Corée du Sud… Et ce même si le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, lui a rappelé que tant que son pays était dans l’UE, elle n’avait pas le droit de négocier de tels accords. “La négociation d’accords de libre-échange est une compétence de l’Union européenne, conformément aux traités. Nous devons nous y tenir”, a martelé Juncker. »

Et encore ici : « L’Allemagne presse Londres de ne pas commencer à négocier des accords commerciaux hors UE avant de quitter officiellement l’UE. Un avertissement destiné à Theresa May, après les contacts qu’elle a pris durant le sommet du G20. « En tant que porte-parole du gouvernement allemand, je ne suis pas en position de juger les entretiens de la Première ministre britannique », a indiqué Steffen Seibert aux journalistes, à Berlin. Il a toutefois insisté qu’il était « clair qu’un membre de l’UE ne peut mener de négociations bilatérales sur un accord de libre-échange avec des États non-européens tant qu’il est dans l’union ». »

[NdS : j’écrivais ça quelques semaines après le référendum britanique.]

Que nous disent exactement les traités ?

TFUE 2-1. Lorsque les traités attribuent à l’Union une compétence exclusive dans un domaine déterminé, seule l’Union peut légiférer et adopter des actes juridiquement contraignants, les États membres ne pouvant le faire par eux-mêmes que s’ils sont habilités par l’Union, ou pour mettre en œuvre les actes de l’Union.

TFUE 3-1. 1. L’Union dispose d’une compétence exclusive dans les domaines suivants : a) l’union douanière ; b) l’établissement des règles de concurrence nécessaires au fonctionnement du marché intérieur ; c) la politique monétaire pour les États membres dont la monnaie est l’euro ; d) la conservation des ressources biologiques de la mer dans le cadre de la politique commune de la pêche ; e) la politique commerciale commune.

2. L’Union dispose également d’une compétence exclusive pour la conclusion d’un accord international lorsque cette conclusion est prévue dans un acte législatif de l’Union, ou est nécessaire pour lui permettre d’exercer sa compétence interne, ou dans la mesure où elle est susceptible d’affecter des règles communes ou d’en altérer la portée.

TFUE 207-3. Si des accords avec un ou plusieurs pays tiers ou organisations internationales doivent être négociés et conclus, l’article 218 est applicable, sous réserve des dispositions particulières du présent article.

La Commission présente des recommandations au Conseil, qui l’autorise à ouvrir les négociations nécessaires. Il appartient au Conseil et à la Commission de veiller à ce que les accords négociés soient compatibles avec les politiques et règles internes de l’Union.

[…] 

4. Pour la négociation et la conclusion des accords visés au paragraphe 3, le Conseil statue à la majorité qualifiée.

Pour la négociation et la conclusion d’un accord dans les domaines du commerce de services et des aspects commerciaux de la propriété intellectuelle, ainsi que des investissements étrangers directs, le Conseil statue à l’unanimité lorsque cet accord comprend des dispositions pour lesquelles l’unanimité est requise pour l’adoption de règles internes.

TFUE 218 1. Sans préjudice des dispositions particulières de l’article 207, les accords entre l’Union et des pays tiers ou organisations internationales sont négociés et conclus selon la procédure ci-après.

2. Le Conseil autorise l’ouverture des négociations, arrête les directives de négociation, autorise la signature et conclut les accords.

3. La Commission, ou le haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité lorsque l’accord envisagé porte exclusivement ou principalement sur la politique étrangère et de sécurité commune, présente des recommandations au Conseil, qui adopte une décision autorisant l’ouverture des négociations et désignant, en fonction de la matière de l’accord envisagé, le négociateur ou le chef de l’équipe de négociation de l’Union.

4. Le Conseil peut adresser des directives au négociateur et désigner un comité spécial [dans le jargon, le « comité 133 », par référence au numéro qu’avait cette article dans une version antérieure des traités UE], les négociations devant être conduites en consultation avec ce comité.

[…]

Disons-le tout net : il se pourrait qu’ici, M. Asselineau pêche assez gravement par manque d’expérience du terrain. Non, les négociations UE à l’OMC (et ailleurs) ne sont pas un spectacle qu’on peut laisser à des âmes sensibles. D’ailleurs, n’y a-t-il pas un semblant de flagrante contradiction entre le fait d’avoir un discours très lucide quant à l’état de violence et de subtile perversité de l’empire qui nous asservit, d’une part, et cette sorte de tranquille assurance manifestée que tout se passera toujours dans le calme, entre gens respectables ? Pour ne pas dire que, pour le coup, c’est du même niveau d’insouciance polie qu’un Tsipras arrivant pour la première fois face aux gros bras de la Troïka : purement et simplement du suicide pour vous et pour votre peuple. Mais comme M. Asselineau, à tort ou à raison, n’entendrait pas de tels avertissements s’ils étaient seulement exprimés ainsi, j’en reviens à la lettre : la perversité du système y est déballée en détail – on tombe un peu de haut quand on relit enfin attentivement… mais c’est normal.

Car oui, très clairement, d’après l’ensemble des clauses citées ci-dessus, la lettre des traités UE interdit purement et simplement à la Grande-Bretagne, tant qu’elle n’est pas sortie de l’UE, non seulement de signer des accords internationaux en matière de commerce mais même d’entamer des négociations en vue de tels accords, dès lors que l’accord visé touche à la politique commerciale commune de l’UE, autrement dit à peu près toute négociation bilatérale en toute matière tombe sous le coup de « la loi ».

Mais nous ne sommes guère plus avancés. En premier approche, il semble évident que les Accords visés porteront sur des dispositions qui ne seront applicables qu’après la sortie effective de la Grande-Bretagne de l’UE. Seulement : dans la mesure où les négociations sont secrètes, l’UE ne peut pas s’assurer par elle-même, en particulier, qu’il ne s’agit que de mesures applicables seulement après la sortie. Assez accessoirement au demeurant, la Grande-Bretagne n’ayant pas encore notifié formellement son intention de se retirer [j’écrivais cela dans les semaines qui ont suivi le votre britannique en faveur du Brexit], il est délicat de faire valoir la notion de l’après-sortie. Mais en tout cas, si, par la force des choses, le processus de sortie devait prendre des voies déclarées illégales par la Commission, de telles dispositions commerciales pourraient en faire partie. On pourrait encore imaginer, par exemple, que la Cour de justice de l’UE ordonne que les termes des projets d’accord, des dates, etc. soient divulgués à une commission de contrôle supposément tenue au secret, mais il n’est pas difficile de comprendre qu’on risquerait d’avoir là une passoire et que la Grande-Bretagne se garderait donc bien de suivre ces ordres. Sans trop de cynisme, si l’on se retrouve à la limite du secret, on pourrait ajouter que ce que cela changerait surtout, c’est que ce ne sont pas les mêmes qui profiteraient des délits d’initiés (une chose évidemment consubstantielle au système UE, qui répond si bien à l’idée de « totalitarisme de marché »).

Surtout, il n’est peut-être pas évident non plus que de telles dispositions, simplement parce qu’elles ne seraient appliquées qu’après la sortie de la Grande-Bretagne, n’affectent pas (plus ou moins directement) la politique commerciale commune (intéressant les États demeurant dans l’UE). Il est tout aussi valable, dans bien des cas, de penser que si. Or elles auraient été négociées et, en réalité, décidées, avant la sortie.

On peut penser (d’ailleurs à tort, mais qu’importe en définitive) que la Commission bluffe en donnant, dans ces déclarations, une interprétation trop large de l’interdit. Il n’empêche qu’elle a effectivement pris cette position et qu’elle l’a laissée se diffuser. Il n’empêche, également, d’après ce que je viens d’écrire, que la frontière en question n’est pas du tout simple à déterminer. A mon avis, il risque fort d’y avoir deux ou plusieurs vérités possibles… Peut-être que l’interprétation de la Cour de justice de l’UE sera sollicitée. Mais quelle confiance pourra-t-on alors lui accorder ? Pour commencer, elle est déjà “un peu” juge et partie : si la “mode” était lancée, s’il est si facile de sortir, il en ira peut-être vite de la survie de l’UE, donc de sa propre survie. Or, faut-il le rappeler, les traités attribuent à la Commission le contrôle de l’application des traités, et à la CJUE le pouvoir d’interpréter ces traités. Les jusqu’au-boutistes de la “sortie en parfaite légalité” doivent donc assumer, en toute logique, le fait qu’ils laissent à ces instances – puisque ce sont les traités qui le prévoient – le pouvoir de manier et de manipuler les règles, même quand il pourrait s’agir de mesures menaçant gravement les États, et notamment l’État sortant.

Le fait est qu’avec ou sans article 50, un pays qui s’apprête à sortir doit s’attendre que les autres, et la Commission, et la CJUE, lui offrent une opposition musclée et peut-être même malhonnête, jusque dans la manière d’interpréter ces règles dont l’observance serait si sacrée pour certains partisans de la sortie.

On en reviendra au même résultat : l’État souverain appliquera sans doute les règles tant qu’elles sont raisonnablement praticables, et les enverra balader plus ou moins officiellement quand elles ne le sont pas, surtout si elles se traduisent par le risques d’atteintes dangereuses à sa sécurité.

Alors finalement, pourquoi pinailler, et surtout pourquoi risquer de diviser, autour de l’article 50 ?

Dans cet espèce de flou juridique, il importe peut-être aussi de noter que les instances de l’Union européenne semblent elles-mêmes se moquer royalement de l’esprit et même de la lettre des traités puisque, après avoir un temps prétendu activer l’article 50 elles-mêmes, après avoir encouragé le personnel britannique à rentrer chez lui malgré l’absence ne notification officielle d’une volonté retrait, elles ont déjà nommé le négociateur du Brexit pour l’UE… selon une procédure curieuse.

Extraits de l’article 50 du TUE :

1. Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union.

2. L’État membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. À la lumière des orientations du Conseil européen, l’Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l’Union. Cet accord est négocié conformément à l’article 218, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. […]

Tiens donc ! Que venait donc foutre ce maudit 218-3… dans l’article 50 lui-même ? Blague à part, qui donc n’avait pas tiqué bien avant ?

Je lis, encore dans le Figaro : « Michel Barnier a été désigné négociateur du Brexit par la Commission européenne mercredi. RTL nous apprend que Junker l’a nommé lui même, et que sa date d’entrée en fonction est déjà fixée (1er octobre 2016). Le site de la Commission européenne confirme que la nomination a été faite directement par le président de la Commission… Je lis ensuite sur le site de Le Point : Le mois dernier, le Conseil européen avait de son côté nommé un diplomate belge, Didier Seeuws, à la tête de la “Brexit Task Force”, qui sera chargée des négociations au nom de cette institution réunissant les chefs d’Etat et de gouvernement des 28 Etats membres. »

Soit les journalistes et les attachés de presse ont du mal, soit la procédure est pour le moins suspecte. En même temps, les traités n’interdisent pas au Conseil européen ni à la Commission de mener leurs propres négociations… Mais pour en revenir à nos moutons, ce seul exemple montre bien que la ligne « doctrinairement légaliste » en question est très certainement impraticable dans les faits, sauf à être totalement irresponsable (au motif de l’être sincèrement), et que ce pinaillage autour de l’idée de rester en parfaite conformité avec les traités est du reste un comportement inutilement diviseur.

Si la lettre des traités n’a pas déjà tout verrouillé, je “juge” despotique se chargera de boucler la chose – et on sait que l’UE n’a pas de pitié pour les peuples. Il s’agira évidemment d’en prendre (tant que c’est praticable) et d’en laisser (quand ça ne l’est clairement pas). La souveraineté nationale, je le suggère ici, pourrait notamment avoir besoin de s’exprimer par le refus explicite de laisser à une instance supranationale le dernier mot d’interprétation d’un traité.

Supposons que cela se passe ainsi : que dira M. Asselineau ? Pourquoi donc l’UPR pinaille-t-elle en prétendant qu’elle sortirait par application de l’article 50, c’est-à-dire par une procédure parfaitement conforme aux traités, tels qu’interprétés, au besoin, par la Commission et la CJUE – tout en saluant ce comportement du Gouvernement britannique, qui est évidemment approprié et même vital mais dont la Commission dit qu’il est illégal, ce que la CJUE confirmera peut-être. Surtout, encore une fois, le fait est que l’UPR se permet de dire et répéter que quiconque ne veut pas passer par l’article 50 est un menteur ou un dangereux irresponsable. C’est, je le crains, de l’onanisme intellectuel (qui nous force à nous y adonner), de la posture (intenable) et surtout du sectarisme et de la division bien inutile.

A mon avis, cet exemple nous montre déjà assez clairement : – que la Grande-Bretagne n’a heureusement pas l’intention de se sentir liée ni par l’article 50 ni par le reste des traités UE (on observera d’ailleurs qu’elle négocie ces accords avant même d’avoir activé l’article 50, et qu’en réalité rien ne nous dit qu’elle en passera par là) ; – qu’elle a déjà fait plus qu’envisager la sortie de l’UE : elle prend d’ores et déjà des mesures unilatérales qui, au sens de la Commission, violent les traités dans un domaine capital qui touche à ce qui est, jusqu’à présent, une compétence exclusive de l’UE ; – que dans peu de temps, il serait suicidaire pour la Grande-Bretagne de procéder autrement ; – que la France ou tout autre pays disposé à sortir de l’UE fera évidemment de même, n’hésitant pas à s’affranchir, formellement ou en pratique, de telle ou telle disposition des traités, du moins en cas de force majeure ; – que l’argument de notre communiquant lui-même, loin de nous mener à soutenir l’idée qu’il faille recourir à l’article 50, nous sert plutôt sur un plateau de quoi comprendre qu’il ne faut vraisemblablement pas le faire  ; – qu’il faut bien plutôt dénoncer en bloc les traités, sans s’imposer de condition, et qu’il vaut sans doute mieux le faire, même, sans le reconnaître officiellement ; – qu’au bilan, qu’il faut probablement commencer par sortir de l’UE en pratique avant même de l’annoncer.

Dans le contexte d’une crise galopante, il serait par ailleurs irresponsable, sans doute, de se donner deux ans pour sortir de cet enfer (merci pour les gens qui perdent boulot, maison, famille et se retrouvent, surendettés, sous tranquillisants puis à la rue), dans des conditions qui permettent à l’UE de continuer à statuer sur tout ce qui importe – et d’ailleurs, sans nous (4e paragraphe de l’article 50).

On pourrait parler d’autres mesures d’une nécessité impérieuse, notamment dans le cas de la préparation d’une sortie de l’euro – épineux problème que n’a précisément pas la Grande-Bretagne. Je ne vous ferais tout de même pas l’insulte de vous expliquer pourquoi on ne va pas non plus leur indiquer, ou publier, à l’avance, la date et l’heure exacte de notre sortie de la monnaie unique… Une phase de réquisition de la Banque de France, constitutionnellement justifiable pour raisons de sécurité nationale sera probablement nécessaire, ainsi qu’une période minimale non seulement de contrôle des entrées-sorties de capitaux mais même de contrôle des changes (mais ne nous égarons pas, ici), des mesures bien sûr totalement contraires aux dispositions des traités UE.

Seulement voilà, aussi incroyable que cela puisse paraître à certains (malheureusement, peu de gens lisent les textes à la source et la plupart s’en remettent entièrement aux analyses des autres), il semble que M. Asselineau ait vraiment besoin qu’on lui fasse un dessin pour le coup. D’où ce texte, qui forme bien évidemment, en particulier, une lettre ouverte aux adhérents et sympathisants de l’UPR, visant à exiger une clarification de la part de François Asselineau ou de son préposé aux affaires européennes et/ou institutionnelles.

A part que ce monsieur très qualifié s’est autant spécialisé dans la question européenne et celle de la sortie de l’Union européenne, nous avons largement eu l’occasion de constater qu’il mesure très bien le fait qu’une sortie de la France de l’Union européenne serait une catastrophe pour l’empire qui domine au présent, ce qui veut dire que “ça ne va pas se passer comme ça”. Cette position “légaliste pure” me paraît d’autant plus incompréhensible. Je le répète : les leurres en la matière sont la règle, il est bien placé pour le savoir ; à lui de s’appliquer à démontrer qu’il est l’exception, du moins l’une des exceptions.

Problèmes liés à la Constitution française – articles 88 et 89

Mais il y a encore un autre point décisif pour lequel il nous faut exiger une clarification. Pour reprendre sa rhétorique, M. Asselineau « ne parle jamais de l’article » 88. C’est à dire du titre XV de la Constitution, ou encore de ce qu’on nomme « le chapeau de l’article 88  ». Il s’agit des clauses qui, gravées dans la Constitution elle-même, sont supposées permettre exceptionnellement à toutes les normes de droit dérivé qui sont issues des instances de l’Union européenne, instances établies par voie de traité, de primer le droit national, en vertu d’une norme spéciale qui semble faire primer un traité sur la Constitution elle-même.

Une analyse un pu plus aboutie nous montre que nous avons sans doute un problème également avec l’article 89, qui concerne la méthode et les limites, de forme et de fond, de (à) la révision de la Constitution.

S’agissant du titre XV, il suffira de rappeler au lecteur l’article 88-1 : « La République participe à l’Union européenne constituée d’États qui ont choisi librement d’exercer en commun certaines de leurs compétences en vertu du traité sur l’Union européenne et du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, tels qu’ils résultent du traité signé à Lisbonne le 13 décembre 2007. »

Pour le coup, au passage, notez qu’on a pas même écrit « la France » mais carrément « la République »… c’est-à-dire précisément celle qu’on abolissait en écrivant le mot (la France, quant à elle, ne risque pas de s’abolir si aisément…) Poésie juridique, quand tu nous tiens !

Poésie mise à part, il faut souligner d’abord que, contrairement à la Grande-Bretagne (qui n’a pas de Constitution écrite), la France ne peut apparemment commencer à violer les traités UE sans d’abord faire disparaître de sa constitution cet article. Ou tout le titre XV (“De l’Union européenne”). Or cela nous poserait un très gros problème : à supposer encore que cela soit fait, cela donnerait le signal, la date et l’heure du moment où la sortie – y compris la sortie de l’euro ? – serait rendue officielle. A tous les chiens des “marchés” financiers et de l’empire seraient ainsi fournis l’arme de destruction massive.

Que vous vous sentiez ou non à l’aise avec la technique monétaire et financière, ou avec les problématiques de commerce international, vous pourrez sans doute apprécier la rédaction du 4ème aliéna de l’article 89 (titre XVI : “De la révision [de la Constitution]”) : « Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu’il est porté atteinte à l’intégrité du territoire. »

Naturellement, les USA ne vont pas envahir un quart de la Bretagne en arborant leur joli drapeau. Il est par contre tout à fait possible que leurs services et leur « secrétariat » dévoyés demandent à Daesh ou à une autre créature de l’empire, d’occuper un petit bout de terrain et d’y proclamer l’État islamique ou mon cul sur la commode. Par exemple dans une des îles reculées qui sont des Territoires d’Outre mer français ou, au hasard, au Cap Nègre.

Il nous faut encore préciser que le 2ème alinéa de l’article 89 dispose que « [l]e projet ou la proposition de révision doit être examiné dans les conditions de délai fixées au troisième alinéa de l’article 42 et voté par les deux assemblées en termes identiques », lequel alinéa stipule que « [l]a discussion en séance, en première lecture, d’un projet ou d’une proposition de loi ne peut intervenir, devant la première assemblée saisie, qu’à l’expiration d’un délai de six semaines après son dépôt. Elle ne peut intervenir, devant la seconde assemblée saisie, qu’à l’expiration d’un délai de quatre semaines à compter de sa transmission. » Mais l’alinéa suivant précise que le précédent « ne s’applique pas si la procédure accélérée a été engagée dans les conditions prévues à l’article 45. Il ne s’applique pas non plus […] » aux projets relatifs aux états de crise. Nous concèderait-on au moins l’état de crise ?…

Quoi qu’il en soit, dès lors qu’on est obligés d’annoncer la couleur, le temps presse sacrément.

On observera, qu’ « en retour », l’article 50 (du TUE) précise lui-même – comme si ça le regardait… – que le retrait doit se faire conformément aux règles constitutionnelles de l’État-membre concerné. Encore une précision au demeurant inutile…

Conclusion – Comment s’en sortir ?

Que les leurres courent les plateaux TV est déjà difficile. Si en plus nous sommes prisonniers du calendrier, sous la menace étrangère, du fait de la simple rédaction des normes que nous avons adoptées nous-mêmes, c’est vraiment à désespérer.

Il y a toujours moyen de s’en sortir, là n’est pas la question. La question est de savoir si cela peut-être fait en parfaite légalité, ou plutôt où donc est la légalité.

Soit dit en passant, il m’a semblé tout à fait inutile de rappeler autrement qu’en passant, qu’un État peut toujours dénoncer un traité en bloc, ce qui signifie en particulier, en l’espèce, qu’absolument rien n’oblige la France à se plier aux modalités de l’article 50. Plus sérieusement, il s’agit de s’assurer que le processus soit conforme à la Constitution. Mais je viens d’écrire qu’elle-même nous pose apparemment un grave blocage.

Le noeud de l’affaire, c’est qu’en fait la révision de la Constitution, opérée en 1992, préalablement au référendum qui a conduit à lui ajouter l’article 88-1 (et, plus largement, le titre XV), a été faite alors qu’elle était interdite par la Constitution. Et c’est ce que j’ai expliqué ici, dans toute la première partie du texte – et ici. Autrement dit, le “chapeau de l’article 88” est nul est non avenu. Ou plus exactement – cette précision a également toute son importance – un prochain gouvernement pourra décréter, en parfaite légalité, qu’elle est nulle et non avenue.

On pourra trouver des explications de haute volée, notamment du côté d’Anne-Marie Le Pourhiet je suppose, ou encore, m’a-t-on dit, dans les écrits ce cet autre professeur en droit constitutionnel qu’Olivier Beaud (je m’excuse de ne pas donner de références plus précises, et la littérature sur le sujet est en fait assez abondante). Ce qu’il faut retenir, c’est que le Conseil constitutionnel, sans pour autant se permettre d’interdire – comment eut-il pu le faire lui-même, d’ailleurs : avec ses petites bras ? son service d’ordre ?… – tout acte qui contreviendrait ensuite à sa décision, avait clairement rappelé qu’en vertu de l’article 89-5, aucune modification de la Constitution ne saurait avoir pour effet d’abolir la forme républicaine du gouvernement. Ceci sans d’ailleurs bien préciser à quelles dispositions des pouvoirs publics elle renvoie, mais ainsi on peut également soutenir qu’il laissait simplement au Président de la République – et donc aussi aux futurs Présidents – le soin de remplir son (leur) devoir : celui de veiller au respect de la Constitution, d’assurer, par son (leur) arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État, et celui de garant de l’indépendance nationale.

Bien évidemment, du reste, c’est cette décision, ce décret-là, qu’il faudra prendre par surprise.

Dès lors, l’entièreté de la verrue “européenne” sera enlevée, et la légalité non seulement respectée mais enfin retrouvée. 

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(1) Ainsi, lorsqu’un enfant « cherche désespérément » la fessée (tout corps vivant, non pas seulement les institutions au sens des (col)lecteurs pressés de Montesquieu, pousse naturellement ses limites jusqu’à ce qu’il en trouve une), ce n’est faire cadeau à personne, pas même et surtout pas à lui, que de l’en en priver ou de trop tarder à la lui administrer ; et une manière robuste… d’énoncer le problème est que c’est justement pour couper court à l’escalade de la violence et, au-delà, d’une culture violente, qu’on met exceptionnellement une fessée. Là encore, disais-je, c’est l’exception qui justifie la règle. Mais ça non plus, « on » ne le comprend pas ? En tout cas, ça passe complètement au dessus de la tête de la Marie-Antoinette de circonstance.

Ainsi soyons fous, le sage Kant eut un « beau » jour l’idée démente de chercher à rendre la guerre impossible à l’avenir… en toutes circonstances. Concluez. Je veux dire : constatez le résultat. Certes, l’imposteur Freud (dont personne n’a jamais détourné les travaux) n’y croyait très franchement pas, tandis que le grand Einstein (dont personne ne soupçonne qu’il ait pu dépouiller ceux du notable matheux français Poincaré et de quelques autres pairs obscurs pour s’éviter de finir dans un obscur bureau de brevets après son échec scolaire), croyait plutôt à cette idée géniale. Sinon, d’ailleurs, sans même en appeler à l’antique formule des Athéniens selon laquelle “la guerre est mère de toutes choses” (fichtre), je me demande si le public est encore censé un peu croire savoir que “celui qui veut la paix prépare la guerre”… – bref on est mal mais ça, en définitive on savait.

Il “était” grand temps que ça s’arrête : après la Règle d’Or parfaite insulte à l’intelligence économique, l’interdiction de l’homophobie, de l’ismaeloflippe (j’y reviens) ainsi du reste que de l’antiarabitude – quelqu’un aurait-il la charité de m’expliquer comment un individu pourrait vouloir interdire à quelqu’un d’être sémite – quand bien même d’ailleurs, ledit bougnoule serait blanc comme un linge (peut-être à force d’avoir été trop lavé sur le petit ou sur le grand écran ou allez savoir sous quels feux de la rampe) ?

Bientôt, donc, peut-on du moins supposer, la prohibition de la répulsion inconsciente, donc incontrôlable, au hasard, vis-à-vis de ce genre de femmes populairement affublées du nom d’une catégorie de pumas dits de l’Est américain… et du reste présumée éteinte (enfin, d’après la formule toujours ô combien suspecte “les scientifiques pensent que…” et encore, selon L’Express)… ce qui n’empêche pas d’en conclure qu’ “elles ont un grand besoin d’amour” – chose qu’avait rétorquée récemment un « rappeur » censuré pour avoir insinué en quelque sorte, dans un album à sortir une formule du type Cou-garre Première… (décidément on s’amuse comme des petits fours sur la croisière).

On n’a plus guère qu’à conclure qu’il n’est plus non plus interdit d’interdire… au hasard, à un homme de choper la trique dans son canapé à la vue d’un genre de bidule qu’on l’autorise pourtant encore à… – ? enfin, qui peut encore le dire ? -… à appeler une femme sa propre femme. Sans parler de cette espèce de répulsion naturelle…ment diabolique qu’à eu mon voisin, un très sympathique tibétain sépharade d’origine islandaise, encore tout récemment (enfin, c’est ce qu’il m’a dit avant-hier, moi j’ai pas pu vérifier) à l’idée que des hommes qui s’unissent pour faire le truc, tu sais, puissent être présentés à des enfants comme leurs pairs… Enfin, pitié, je sais même pus c’ que je dis… faites de moi ce que vous voudrez, et même, allez, j’ balance la sauce, enfin je veux dire tout – tout le monde… Etc. Blague triste à part, quel est au juste le problème du point de vue du Droit – à part que les gens ne connaissent plus leur droits les plus fondamentaux (comme, par exemple, le fait que nul parent n’a le devoir de témoigner contre son enfant, tout comme contre lui-même) ?

C’est bien simple, là encore, pourvu seulement qu’on pose ainsi la question : nous avons là une interdiction qui porte, non pas sur l’expression publique d’une opinion (typiquement pour cause d’atteinte à l’ordre public) ; ni même de sa formulation en privé, qui supposerait encore un discours élaboré ; pas non plus d’une seule phrase ou d’un slogan (cité même hors contexte) ; non pas même d’un simple mot (!)… : non !! Carrément d’une pulsion, un phénomène par nature inconscient !!!

Bienvenue en enfer. Oh, rassurez-vous, quoi que nous ayons d’autres chats à torturer, nous aurons encore, ici même, quelques autres sympathiques occasions de montrer que ce système dans son ensemble, est devenu presque systématiquement pervers (- narcissique), au sens premier, comme on parle de mordre la main qui vous nourrit, etc.

Je poursuis un peu sur ce versant délicat. What else ? Ah bah oui forcément : nous avons également affaire, pour qui n’est pas encore trop aveuglé, à une généralisation dans le “Droit” du principe de liberté et d’égalité accordé… à des personnes “morales” (sic), à savoir des entreprises, en tant que telles, ainsi qu’à des ressortissants étrangers (couramment anonymes, du reste), des individus qui, par construction, ne sont pas, eux, soumis à nos lois – ne rigolez pas, à part que c’est avec vos impôts, c’est très exactement cela, ni plus ni moins, que la « Cour de justice » de « l’Union europé€nne » désigne par le doux label « les quatre libertés fondamentales » ! Maman… Nan nan, je ne plaisante pas du tout (disais-je), là non plus, et là aussi vous pouvez même très vite comprendre… dès lors que vous avez vu formuler la question ainsi, soit encore et toujours du point de vue du Droit.

On aura aussi commencé à intégrer, j’espère, que cette « Charte des Droits Fondamentaux de l’UE » sert à en définitive à remplacer nos droits anciens sous couvert de les compléter. Chose que j’avais d’ailleurs confirmé en ces termes, il y a bientôt dix ans, au Vice-Amiral Debray (ex-« capitaine » du rafiot Charles-de-Gaulle, je veux dire du seul Porte-avions français) lorsqu’il avait posé la question à quelques personnes qui nous entouraient ce jour là.

Bientôt ? Allez, le si parfaitement ascientifique – en plus que d’être, également au sens judiciaire, au principe d’un renversement systématique de la charge de la preuve –« Principe de précaution »

… avant de mettre carrément tout en haut de la pile du socle de nos droits fondamentaux, on l’aura deviné : Gaïa – sa mère  ! Un Machin qui, par nature, ne vote pas, ne parle pas, n’entend pas et ne sait ni lire ni écrire et se fout même de savoir si les hommes sont perdus au point de ne plus comprendre d’instinct que les relations d’ « inimitiés » entre espèces sont tout ce qu’il y a de plus naturel. Une déesse absente et muette qu’on n’invoquera donc jamais, bien entendu, que sous le régime de l’arbitraire et de la loi d’exception. 

Les Nazis aussi se payaient de sacrés trips dans le registre mangeons bio, gerbons biorgue… et même et surtout dans une vision d’ « égalité entre tous les êtres vivants » (sauf entre « les races » humaines, c’est ballot). Ah, ces bons bougres en uniforme, sacrés farceurs qui nous ont du reste légué et « leur » projet de Grande Europe (qui restait déjà surtout celui des grands trusts français et allemands du charbon, de l’acier, de la chimie, des colorants, des lubrifiants etc. plus ou moins et plus ou moins ponctuellement en partenariat avec les « confrères » « domiciliés » aux US) et l’expert en torture du droit Walter Halstein… qui fonda puis dirigea la première Commission de la « Communauté européenne » (pour le coup, la vraie, aussi vraie du moins qu’aux Champs est la vie).

Si t’es rendu à ce point, effectivement, vas donc prendre un peu l’air… oh, pas bien longtemps, juste le temps d’aller demander en face à un ours polaire s’il te laïque (faut ajouter que ces charmantes petites bestioles sans défense n’ont jamais été aussi nombreuses depuis qu’on les recense… arf). Disons, s’il est d’accord pour que tu le considères comme ton égal… et a fortiori pas ton ennemi – bon, là, tu commences à avoir du mal à te cacher qu’il ronronne assez intensément, ce gros nounours, mais tu te dis qu’une bête étant… par nature… un cœur immaculé (d’aucun diraient plutôt un enculé de matricule, mais là tu suivrais plus…), c’est donc forcément parce qu’il veut des câlins comme tout le monde…. suffisait de demannnn – aaaïeuuu !

Pour le coup, toi qui ne sais même plus s’il ne vaudrait pas mieux carrément éradiquer ce parasite qu’est l’humanité dans son entier – mais attends, je croyais que t’étais droit-de-l’hommiste et même clairement pas qu’à moitié ? – pour la même raison que tu n’as aucune mesure du ridicule rapport à l’idée que ladite merdasse puisse sauver la planète (sic), elle qui n’a déjà aucune chance de sauver le Monde (ce qui n’a rien à voir avec la Planète, mais même ça tu ne comprends pas)… et même encore un peu moins si c’est en traînant des boulets comme toi, qui sait si tu feras au moins œuvre utile en matière de respect de la loi de la sélection naturelle. Croque !!! – boum, t’es mort. Fallait y penser un peu avant… En tous cas, vive la fraternisation avec l’ennemi.

Bientôt, on n’aura sans doute plus le droit, même à l’âge de 4 ans, ne serait-ce que de songer à butter une mouche ou un moustique – ne parlons pas d’une guêpe qu’on confondra déjà dans les cours voire dans les classes d’école avec une abeille – et, surtout, tant pis si on aura définitivement oublié que cette réaction nous est tout de même et tout bêtement un brin naturellement inspirée par le fait que ces bestioles sacrées ont en commun le bon goût de nous casser régulièrement les couilles.

Mais quant à l’homme qu’a vu l’ours, je lui dirais encore volontiers : avant d’y passer, note encore et surtout que la formule « le temps de dire ouf » implique elle-même, justement (c’est dire), la formulation d’un ** mot ** dans sa petite cervelle. Qu’elle donne éventuellement lieu ensuite à l’écriture de ce mot, ou d’un autre, d’ailleurs, ou même à sa « simple » prononciation orale n’est pas du tout le point le plus important ici ; c’est même déjà le deuxième rideau de l’arnaque ultimement funeste ! Car si ce qui est précisément menacé d’interdit est une pulsion, le simple fait de tenter de mettre un mot sur la chose pour se justifier fait que tout est déjà perdu.

En d’autres termes, dans ce monde cruel, quand bien même il aurait la plus sincère sympathie à l’égard « des homosexuels » – la formule consacrée a déjà elle-même imposé d’en faire un tout, de cette « communauté », de manière aussi totalement désastreuse, toutes différences gardées, que celle qui consiste à dire, par exemple « le nucléaire » (réponse binaire, donc parfaitement idiote, exigée) –, quiconque est accusé d’homophobie est déjà réputé coupable, et même, toute tentative de poursuivre dans les explications ne saurait que l’enfoncer toujours plus. Quant au composite « les musulmans », par exemple, ce serait déjà détourner l’attention que d’ajouter que, dans le contexte, on ne sait même si nous sommes sommés de les embrasser… ainsi en les aimant ou en les haïssant (d’ailleurs, ce sont là des choses déjà dites et redites). 

[Bienvenue chez vous… au menu du jour simple mise à jour… ne débranchez pas votre ordinateur… nous allons donner suite à votre appel.]

Il ne s’agit surtout pas pour autant, ici, de lancer en l’air l’idée que les mots ne sont que des traîtres, d’une manière générale. Bien plutôt de rappeler qu’ils sont toujours plus ou moins des guides, et plus ou moins des pièges, tout bonnement selon ce qu’on en fait. Or comme on sait, par les temps qui courent, la logique totalement et systématiquement manichéenne – disons le mot : intrinsèquement perverse – de la Novlangue a déjà salement stérilisé « nos » pensées. Passons tout de même, là encore, et reprenons.

(2) Dans cet exemple, croiser simplement :

  • le document de travail reproduit en annexe 1 de cette analyse sociologique du champ (de ruines) de la “science officielle du climat carbocentré” (analyse extrêmement éclairante dans l’ensemble, du reste) produite par une pointure de la météorologie (après avoir constaté l’objet si bénin de la convocation, chercher ici le terme “Climate central“, donc) ;
  • ce profil de Madame sur le site du joyeux foutoir indiquant ici la liste de ses généreux donateurs avides de sauver la planète ;
  • plus accessoirement, les emails numérotés 1224035484 et 1252672219 dans le dossier hacké au labo planqué thatchérien dit CRU (voir ci-après) à l’occasion du “Climategate” de 2009, indiquant que madame non seulement n’est pas la moindre des organisatrices mais envoie ses mails aux scientifiques ainsi conviés (à Hawaï) sans s’embarrasser de le faire depuis sa “boîte privée”.


(3) Extraits : « Années de réaction (1907-1910). Le tsarisme a vaincu. Tous les partis révolutionnaires ou d’opposition sont écrasés. Abattement, démoralisation, scissions, débandade, reniement, pornographie au lieu de politique. Tendance accentuée à l’idéalisme philosophique ; le mysticisme qui sert de masque à l’esprit contre-révolutionnaire. […] Bien plus. L’histoire du mouvement ouvrier montre aujourd’hui que dans tous les pays, le communisme naissant, grandissant, marchant à la victoire, est appelé à traverser une période de lutte (qui a déjà commencé), d’abord et surtout, contre le “menchevisme” propre (de chaque pays), c’est-à-dire l’opportunisme et le social-chauvinisme ; puis, à titre de complément, pour ainsi dire, contre le communisme “de gauche”. La première de ces luttes s’est déroulée dans tous les pays, sans une seule exception, que je sache, sous la forme d’un duel entre la II° Internationale (aujourd’hui pratiquement tuée) et la III°. […] L’essentiel aujourd’hui est que les communistes de chaque pays prennent bien conscience, d’une part, des objectifs fondamentaux — objectifs de principe — de la lutte contre l’opportunisme et le doctrinarisme “de gauche”, et de l’autre, des particularités concrètes que cette lutte revêt et doit inévitablement revêtir dans chaque pays, conformément aux caractères spécifiques de son économie, de sa politique, de sa culture, de sa composition nationale (Irlande, etc.), de ses colonies, de ses divisions religieuses, etc., etc. […] Aussi longtemps que des distinctions nationales et politiques existent entre les peuples et les pays, — distinctions qui subsisteront longtemps, très longtemps, même après l’établissement de la dictature du prolétariat à l’échelle mondiale, — l’unité de tactique internationale du mouvement ouvrier communiste de tous les pays veut, non pas l’effacement de toute diversité, non pas la suppression des distinctions nationales (à l’heure actuelle c’est un rêve insensé), mais une application des principes fondamentaux du communisme (pouvoir des Soviets et dictature du prolétariat), qui modifie correctement ces principes dans les questions de détail, les adapte et les ajuste comme il convient aux particularités nationales et politiques. Rechercher, étudier, découvrir, deviner, saisir ce qu’il y a de particulièrement national, de spécifiquement national dans la manière concrète dont chaque pays aborde la solution du problème international, le même pour tous : vaincre l’opportunisme et le dogmatisme de gauche au sein du mouvement ouvrier, renverser la bourgeoisie, instaurer la République des Soviets et la dictature du prolétariat, telle est, au moment historique que nous traversons, la principale tâche assignée à tous les pays avancés (et pas seulement avancés). […] L’essentiel — pas tout évidemment, tant s’en faut, mais cependant l’essentiel — est déjà fait pour attirer l’avant-garde de la classe ouvrière et la faire passer du côté du pouvoir des Soviets contre le parlementarisme, du côté de la dictature du prolétariat contre la démocratie bourgeoise. Il faut concentrer maintenant toutes les forces, toute l’attention sur l’étape suivante qui semble être, et est réellement, à un certain point de vue, moins fondamentale, mais cependant plus proche de la solution pratique du problème, à savoir : la recherche des formes pour passer à la révolution prolétarienne ou l’aborder. […] On ne peut vaincre avec l’avant-garde seule. Jeter l’avant-garde seule dans la bataille décisive, tant que la classe tout entière, tant que les grandes masses n’ont pas pris soit une attitude d’appui direct à l’avant-garde, soit tout au moins de neutralité bienveillante, qui les rende complètement incapables de soutenir son adversaire, ce serait une sottise, et même un crime. Or, pour que vraiment la classe tout entière, pour que vraiment les grandes masses de travailleurs et d’opprimés du Capital en arrivent à une telle position, la propagande seule, l’agitation seule ne suffisent pas. Pour cela, il faut que ces masses fassent leur propre expérience politique. Telle est la loi fondamentale de toutes les grandes révolutions […] Ce ne sont pas seulement les masses ignorantes, souvent illettrées, de Russie, ce sont aussi les masses d’Allemagne, hautement cultivées, sans un seul analphabète, qui ont dû éprouver à leurs dépens toute la faiblesse, toute la veulerie, toute l’impuissance, toute la servilité devant la bourgeoisie, toute la lâcheté du gouvernement des paladins de la II° Internationale. […] Si le premier objectif historique (attirer l’avant-garde consciente du prolétariat aux côtés du pouvoir des Soviets et de la dictature de la classe ouvrière) ne pouvait être atteint sans une victoire complète, idéologique et politique, sur l’opportunisme et le social-chauvinisme, le second objectif qui devient d’actualité et qui consiste à savoir amener les masses à cette position nouvelle, propre à assurer la victoire de l’avant-garde dans la révolution, cet objectif actuel ne peut être atteint sans liquidation du doctrinarisme de gauche, sans réfutation décisive et élimination complète de ses erreurs. […] Il ne suffit pas de se demander si l’on a convaincu l’avant-garde de la classe révolutionnaire ; il faut encore savoir si les forces historiquement agissantes de toutes les classes, absolument de toutes les classes sans exception, d’une société donnée, sont disposées de façon que la bataille décisive soit parfaitement à point, — de façon : 1 que toutes les forces de classe qui nous sont hostiles soient suffisamment en difficulté, se soient suffisamment entre-déchirées, soient suffisamment affaiblies par une lutte au-dessus de leurs moyens ; 2 que tous les éléments intermédiaires, hésitants, chancelants, inconstants — la petite bourgeoisie, la démocratie petite-bourgeoise par opposition à la bourgeoisie — se soient suffisamment démasqués aux yeux du peuple, suffisamment déshonorés par leur faillite pratique ; qu’au sein du prolétariat un puissant mouvement d’opinion se fasse jour en faveur de l’action la plus décisive, la plus résolument hardie et révolutionnaire contre la bourgeoisie. C’est alors que la révolution est mûre ; c’est alors que, si nous avons bien tenu compte de toutes les conditions indiquées, sommairement esquissées plus haut, et si nous avons bien choisi le moment, notre victoire est assurée. […] Mais du point de vue de cette action pratique des masses, ces différences sont d’une importance extrême. Pour un communiste qui veut être non seulement un propagandiste conscient, convaincu, théoriquement averti, mais un guide pratique pour les masses dans la révolution, c’est un point capital que de tenir compte de ces différences […] deux conclusions pratiques d’une grande importance : la première, c’est que la classe révolutionnaire, pour remplir sa tâche, doit savoir prendre possession de toutes les formes et de tous les côtés, sans la moindre exception, de l’activité sociale. (Quitte à compléter, après la conquête du pouvoir politique et parfois au prix d’un grand risque et d’un danger énorme, ce qu’elle n’aura pas terminé avant cette conquête) ; la seconde, c’est que la classe révolutionnaire doit se tenir prête à remplacer vite et brusquement une forme par une autre. […] On conviendra qu’elle serait déraisonnable ou même criminelle, la conduite d’une armée qui n’apprendrait pas à manier toutes les armes, tous les moyens et procédés de lutte dont dispose ou dont peut disposer l’ennemi. Or cette vérité s’applique mieux encore à la politique qu’à l’art militaire. On peut moins encore prévoir en politique quel moyen de lutte se révélera, dans telles ou telles situations futures, praticable ou avantageux pour nous. Ne pas savoir user de tous les moyens de lutte, c’est risquer une grande défaite — parfois même décisive — pour peu que des changements indépendants de notre volonté, survenus dans la situation des autres classes, mettent à l’ordre du jour une forme d’action où nous serions particulièrement faibles. […] Des traits opportunistes et purement bourgeois, des traits d’affairisme et de fourberie capitaliste se sont aussi manifestés surabondamment dans nos élections. Les communistes d’Europe occidentale et d’Amérique doivent apprendre à créer un parlementarisme nouveau, inaccoutumé, non opportuniste, non arriviste. »

Et pardonnez-moi, quoi que je ne l’aie presque jamais lu à la source, j’imagine tout de même très mal Engels bouffer à la louche autant de sombre idioties toutes curieusement bien agencées pour concourir à une offensive généralisée contre toutes les protections ultimes de toutes cellules : de la cellule ici où là dans un corps, de la cellule psychologique de la personne, de la famille, de la commune, de la cité, de la nation. Bref, qu’il s’agisse d’ « homophobie », de droit-de-l’hommisme hard core ; bientôt, n’en doutons pas, du droit des trans’ de papouasie à de meilleurs salaires pour porter l’enfant d’un millionnaire chilien, du moins si ils/elles prennent un syndicat australien avec leur bon d’achat chez Marx® la vraie vie la bonne… et pourquoi pas le sans-papiérisme intergalactique ? Bon, j’admets que je vais désormais faire un peu attention de ce côté-là, qui me « paraissait » encore un peu sûr… Manifestement, y a plus de pilote dans l’avion, là non plus. Et en attendant, que voulez vous que je vous dise, quand on me redira la prochaine fois que « le communisme est mort », je ne suis même pas sûr d’être près à bouger le petit doigt pour contredire l’emmerdeur de service – je me dirais peut-être même qu’après tout, « ils » l’auront voulu. Allez ciao, et que m’importe ces conneries de « Gauche ». Et même, quel rapport avec le socialisme ? Vous militez aussi pour les carburants bio dans les tanks en plastique recyclé des guerres de libération nationale ? Allez, rausse : rouge, vert, bleu jaune, dans mes ateliers à moi on appelle ça tout simplement des gros branleurs… ce qui n’a somme toute rien d’original. Fort bien, me voilà libéré pour l’occasion, en un sens du moins : j’allais précisément passer au problème du parti gauchiste (φlistin-€-s).

Mais je ferais encore une dernière série de remarques en passant, parce qu’il s’agirait donc aussi, comme de bien entendu, de lutter contre le fascisme ! Tout un programme… Problème n°1 : Léo Ferré n’a-t-il pas lui-même dit que « La Gauche est l’antichambre du fascisme » ? Problème n°2 : le marxien-léninien n’est il pas censé savoir que le fascisme n’est que pure continuité de la démocratie bourgeoise, pour ne pas dire qu’il l’a déjà sous les yeux depuis des lustres (1992 au bas mot, 1983 sans doute, 1971 très vraisemblablement, y compris du point de vue du « fascisme » vert). Problème n°3 : si effectivement ce national-socialisme qu’est (ou fut) le fascisme (le nazisme, lui, n’était ni national ni socialiste, bien évidemment, pour la même raison qui veut que le système totalitaire n’a rien de comparable au système fasciste) a une saveur martiale pas bandante, lui sait (savait) combien les socialistes de jadis tenaient aux corporations. Vous qui défendez la CGT mais pas les travailleurs, vous n’avez à vendre que du stalinisme sous couvert de lutte pour les pâquerettes et le droit de nos frères les tantes de s’enfiler tranquille quand ils sont dans leur intimité – qui a jamais voulu le leur interdire, d’ailleurs, sinon des gens comme vous incapables de faire les distinctions les plus élémentaires ?

Problème n°4 : si le fascisme, pour la même raison un phénomène largement daté, était raciste, M. Soral, qui vient du PCF et n’a d’ailleurs très manifestement jamais renié Marx, enseigne la savate (plus largement, la boxe française) en banlieue pas chic ; on peut en déduire qu’il est effectivement cerné par une caillera particulièrement bigarrée. Ce qui saute aux yeux du reste, si on considère la population de ses soutiens politiques, sans même parler de sa collusion amicale avec un bouffon banania au lait… massivement détesté d’une élite… promotrice d’Europe blanche et chrétienne (et qui fut du reste ami d’Aimé Césaire, qu’il dit). Tiens donc. Qu’est-ce qu’y faut pô croire. T’es con ou quoi ? Or ce n’est sans doute pas la moindre des raisons – manquerait plus qu’il se tape une Beurette par lui épousée à l’Église plutôt que d’en être réduit (planqué qu’il est fort logiquement, vu la férocité de ses courageux opposants et l’indifférence complète de ses pourfendeurs les plus lâches…) à lui envoyer des selfies de sa petite ou grosse queunelle – qui lui vaut d’être honni (bon, vous vous ne voyez rien, mais ça on avait compris) de certaines des élites de la Marine, qui, pour être racistes, elles (contrairement d’ailleurs à Jean-Marie, parrain d’un des six enfants dudit négro breton) et autrement ancien régime, ne sont pas semblent pas choquées outre mesure que ce soit directement à Tel-Aviv que prenne conseil cette blondasse décolorée qui a symboliquement et surtout politiquement tué son propre père – parlant de ce désaveu ragoûtant masqué derrière une opération de virage marquée vers la gauche économique et morale, qui se souvient de ce génial dessin d’un Charlie révolu, qui représentait le gros borgne commentant ledit drame familial en disant « de plus en plus d’historiens pensent qu’elle n’a jamais existé » ? Putain, c’était plus la grande époque de l’auteur des Russkoffs mais faut bien admettre qu’ils en avaient encore un paquet dans le pantalon, dans le cibouleau et dans le sens de l’humour (l’un n’empêche pas l’autre, bien au contraire…). Et tenez, puisque j’y arrive, aussi vrai que j’eut volontiers échangé Sarkozette contre Chavez (bah oui, déjà le second avait le sens de l’humour et en suce il n’agitait pas sa gonzesse en public avant de se servir du peuple), j’échangerais bien encore le fougueux Bernard Maris contre cet obséquieux Jacques Généreux toujours en costard même à la fête de l’Huma (il a pris des cours avec Philippe Val, peut-être ?) ; manque de bol, il est mort. Contrairement à celui qui, non content de s’être prétendument enfilé des années durant comme un phoque avec une autre victime de l’attentat, a tenu à le crier bien fort lors de son éloge funèbre. Quel hommage, surtout de la part d’un mec dont le boulot était de s’assurer qu’on n’accuse jamais sans preuve. Beurque.

8 Réponses à “FREXIT : interdiction de recourir à l’article 50 du TUE !

  • https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1992/92312DC.htm

    19. Considérant que sous réserve, d’une part, des limitations touchant aux périodes au cours desquelles une révision de la Constitution ne peut pas être engagée ou poursuivie, qui résultent des articles 7, 16 et 89, alinéa 4, du texte constitutionnel et, d’autre part, du respect des prescriptions du cinquième alinéa de l’article 89 en vertu desquelles “la forme républicaine du gouvernement ne peut faire l’objet d’une révision“, le pouvoir constituant est souverain ; qu’il lui est loisible d’abroger, de modifier ou de compléter des dispositions de valeur constitutionnelle dans la forme qu’il estime appropriée ; qu’ainsi rien ne s’oppose à ce qu’il introduise dans le texte de la Constitution des dispositions nouvelles qui, dans le cas qu’elles visent, dérogent à une règle ou à un principe de valeur constitutionnelle ; que cette dérogation peut être aussi bien expresse qu’implicite ;

    Il est assez “cocasse” de constater que le Conseil constitutionnel lui-même, dans une transcription de sa propre décision (Décision) publiée sur son propre site, ne s’inquiète pas de ne pas mettre la majuscule au mot gouvernement lorsqu’il croit citer l’article 89-5 de la Constitution – ou de la constitution (bref, on ne sait plus)…

    De toutes manières, il suffit d’y réfléchir encore un peu pour comprendre que la formule “la forme républicaine du gouvernement” ne peut avoir de sens que si le gouvernement s’entend, au sens classique sinon très large, comme l’ensemble des dispositions des Pouvoirs publics, et non pas, justement, comme l’instance présumément réduite au Pouvoir exécutif (auquel cas il n’y a rien à séparer en son sein) – et donc que cette formule ne peut de toutes manières, souffrir de cette majuscule… pourtant écrite noir sur blanc dans le texte au présent (et ce depuis une date antérieure à 1992).

    Du reste, la Décision (décision) en question, qui sans nul doute fera date, était parfaitement claire dans le principe… sauf que rien n’a été fait pour décliner explicitement ses implications : pour cause, il aurait sauté aux yeux que la “construction européenne”, en tout cas toute participation de la République française à cette folle aventure, était parfaitement illégale ! Pour les plus rudes de la feuille voir encore le message suivant (en plus du billet).

    Ainsi le Conseil constitutionnel nous disait-il : allez, bonne bourre.
    Ou plus exactement, il s’en lavait les mains en laissant le président de la future arépublique et son parlement prendre leurs responsabilités.
    Sans du tout interdire par cette Décision – j’insiste et souligne encore trois fois en rouge – un futur gouvernement, au contraire, de s’appuyer sur elle pour démontrer que la République avait été abolie en 1992 !
    La véritable responsabilité des membres du CC, par contre, c’est d’être restés là (*) toujours habillés des prétendues attributions dont ils étaient les mieux placées pour savoir qu’en fait – ou plutôt en droit… – elles étaient abolies.

    (*) Bon, Sarkozy a démissionné de ce Cul Cul la praline… ce qui a pu paraître franchement pas banal, en effet, car il n’était pas vraiment supposé, justement du point de vue de juristes enfumés-enfumeurs de l’après 1992, avoir le droit de le faire…

  • Un petit résumé du texte, que j’ai justement tiré de la formule – considérant 19 – de la Décision finale du Conseil constitutionnel, reproduite dans le commentaire précédent.

    Quoi qu’il en soit, il ne s’agit justement pas de songer à “ajouter” à la proposition, mais d’en analyser le contenu :

    1) de considérer, d’abord, justement, que la formule entière – le point, le considérant, le paragraphe – est réputée être nécessaire et suffisante ;

    2) qu’au sein de ce paragraphe, la formule “des prescriptions du cinquième alinéa de l’article 89 en vertu desquelles “la forme républicaine du gouvernement ne peut faire l’objet d’une révision“”, telle qu’elle est présentée et articulée au reste, est supposée être exclusive, et n’admettre elle-même aucun “sans préjudice” d’une quelconque autre disposition ;

    3) que le Conseil constitutionnel juge qu’à part dans les cas qui violeraient cette seule injonction, autrement dit qui conduiraient à abolir la République, et/ou une autre ici coupée (elle renvoie en gros à l’interdiction de réviser la Constitution en état de siège, autre épineuse question, soit dit en passant), le souverain peut effectivement modifier tout ce qu’il veut dans la Constitution ;

    4) de noter, enfin, que la formule du 5eme alinea de l’article 89 est posée ici, tout en soulignant bien qu’elle est une exigence ultime, sans qu’aucune indication concrète – et c’est bien là le scandale – ne soit donnée par le Conseil constitutionnel s’agissant de ces dispositions expresses de la Constitution auxquelles on ne saurait toucher de fait…
    Qu’ainsi donc, on ne sauraient toucher à ces dispositions restant à identifier, même par voie indirecte découlant d’une complexe combinaison de diverses dispositions des traités, par exemple.

    Une affirmation que le Conseil constitutionnel semblerait renier lui-même, finalement, en allant jusqu’à préciser que les déviances autorisées peuvent même résulter de dispositions implicites… sauf qu’il est clairement précisé, d’emblée, encore une fois, que cela ne peut justement pas toucher, en principe, aux dispositions constitutionnelles découlant de l’injonction particulière énoncée à l’art 89-5.

    Mais encore une fois, tout le problème est que le Conseil constitutionnel s’abstient royalement de dire quelles dispositions expresses sont concernées par le suprême interdit d’abolir la république.

    J’ai pointé les articles 23 et 27, et je pense avoir été parfaitement clair dans le raisonnement sur la situation.

    Par ailleurs, la robustesse de ma démonstration tient tout bonnement au fait que :

    1) n’y a évidemment pas de république qui tienne sans régime constitutionnel, donc sans séparation des pouvoirs (art 16 de la DDHC de 1789). Donc l’interdiction faite aux membres de l’exécutif d’exercer en même temps un quelconque (« tout ») mandat parlementaire est à l’évidence une disposition que rien ne saurait conduire à lever, fut-il le résultat d’une imbittable combinaison de dispositions diverses, établies par 36 normes de type différents, par voie supranationale ou par les voies insondables du saigneur de bachibouzouk. Ce n’est pas assez clair ?

    2) comme cela a été abondamment revendiqué par les fondateurs des républiques modernes, il n’y a pas de système parlementaire qui tienne si le droit de vote de chacun des parlementaires n’est pas personnel mais qu’ils ne sont que des porte voix obligés de factions ou de quelque instance que ce soit (j’ai longuement réexpliqué ça dans mon article “Sénéchal, nous voilà !” publié sur Agoravox). Donc pas de république qui tienne si on touche à l’article 23. Pigé ?

    Sans parler de l’hypothèse dans laquelle ce mandat impératif réputé nul et non avenu découle de l’injonction de transposer des directives… édictées par un système violant évidemment la condition de souveraineté nationale.

    Bref, je ne sais pas ce qu’il vous faut de plus pour reconnaître un coup d’État pur et simple… Ce que je vois, c’est que cet aveuglement quasi-général est lui-même la première cause du maintien et du développement de ce despotisme impérial propre à étendre sa logique perverse à tous les compartiments d’une vie (et à torturer nos mots) – bref, totalitaire.

  • Premiers retours de l’UPR (1/2) – contexte médiatique

    Comme je l’ai mentionné dans le texte, j’ai rédigé une très grande partie de cette analyse dans les semaines qui ont suivi le référendum britannique en faveur du Brexit. Je ne dirais pas pour autant qu’il s’agissait encore de l’essentiel, dans la mesure où il me manquait encore une petite série d’éléments déclencheurs qui ont enfin permis d’aboutir à un essai dont je puisse moi-même considérer (provisoirement, sans doute) qu’il était suffisant et, qu’au-delà de la critique, il permettait finalement, malgré le caractère au demeurant si intordable du tableau, de dégager une voie qui soit à la fois viable et légale.

    Après quoi ce texte est resté de nombreux mois dans mes cartons, au cotés de tant d’autres, dont un nombre pas négligeable dont je juge pourtant qu’ils sont à la fois suffisamment aboutis et orientés sur un sujet d’importance. Ceci non seulement parce que j’ai beaucoup de travail et autres obligations (la plupart bénévoles, bien entendu) mais également parce qu’un minimum de pratique politique vous apprend qu’il ne suffit malheureusement pas d’avoir raison, loin de là, pour faire passer vos idées. Problème qui renvoie notamment à la double question de savoir quand et à qui vous soumettez une proposition ou une critique.

    Fin décembre dernier, j’ai éprouvé l’envie de publier cette réflexion pour la première fois, et j’ai choisi, trop précipitamment peut-être, de proposer pour publication, sur le site Agoravox, une version de ce texte assez comparable sur le fond. Les modérateurs qui ont eu l’occasion d’étudier cette proposition en temps utiles ont choisi de ne pas le publier. Cela peut sans doute s’expliquer en grande partie par une combinaison de diverses raisons qui sont loin de laisser conclure à une forme de censure politique. En particulier : – outre la longueur de l’ensemble, les développements ici présentés en annexe étaient inclus dans le texte, ce qui a fait dire à l’un des modérateurs que c’était franchement confus, moquant pour l’occasion le fait que des considérations stratégiques associées à des considérations de droit constitutionnels y côtoyaient pêle-mêle des réflexions sur des sujets supposément aussi anodins que celui de la fessée (en fait, l’interdiction de la fessée en toutes circonstances, nuance) ; – et puis encore, par exemple, le simple fait que nous étions en pleine trêve des confiseurs.

    Quoi qu’il en soit, j’ai moi-même pu constater, preuves à l’appui, qu’il peut exister, notamment sur ce site, une part de censure, et que celle-ci s’effectue en tous cas par des moyens plus subtils. Car après en avoir eu un premier aperçu assez violent, et alors que je venais de faire publier mon texte intitulé “Premier Rappel à l’Ordre Français”, j’ai pris soin de noter régulièrement l’évolution des notes attribuées à ce texte. L’anomalie statistique est alors apparue évidente : après avoir reçu une note remarquablement élevée (environ 4.9 sur 5), qui s’est maintenue dans la première journée environ et ce sur un échantillon de population réduite mais néanmoins pas négligeable, a suivi une manœuvre massive de “bourrage des urnes” pour la faire violemment plonger, les tests démontrant sans la moindre ambiguïté que les jours suivants, et avant que le texte s’enfonce sous la pile des publications – et au plus vite (pour cause) – une part très vite majoritaire, brutalement croissante, disons les deux tiers environ des votants, de mémoire, intervenaient de manière concertée pour attribuer la note la plus basse. La même grotesque anomalie a systématiquement affecté les notes attribués aux divers commentaires postés dans la discussion, mais je n’avais pas préparé le comptage de ce côté là, et du reste cela représenterait bien plus de notes à suivre. Pour les chiffres exacts, voir dans les commentaires du fil en question, où j’ai commenté cette “curiosité”.
    Par la suite, de nouveau confronté à ce même type de manœuvre, j’en suis arrivé à me demander si ce n’était pas plutôt à force de me tordre de rire (jaune) que j’en était à envisager de lire “mes” notes carrément la tête en bas…

    J’avais déjà été sensibilisé, du reste, à la question du bourrage des urnes pour avoir pris autrefois la liberté de suivre de très près et en détails une affaire qui avait entaché une organisation politique tout entière, affaire qui présentait, qui plus est, du moins “en creux”, une autre particularité très remarquable : s’il avait établi, d’après l’analyse des anomalies statistiques, qu’un copieux bourrage des urnes s’était sans le moindre doute produit, il apparaissait également, d’après les conclusions du tribunal, qu’aucun membre ou présumé complice de l’équipe qui ressortait favorisée par cette opération n’avait pu accéder aux urnes en temps et lieux utiles pour les bourrer, ou aux stocks d’enveloppes non encore traités à tel instant, etc.
    Après quoi, vu qu’il s’établit logiquement une longue période avant que l’innocence des accusés soit établie dans les formes – et que personne, côté accusation, n’en vienne à faire appel, pour ne pas dire à se bouger le petit doigt pour simplement suivre la procédure en première (et dernière) instance, l’équipe mise à l’index s’était fort logiquement fait mettre dehors, ou avait fini elle-même par se résoudre à quitter l’organisation en question, laissant vainqueurs des opposants dont je juge – pour le coup, ce n’est là qu’une opinion personnelle – assez clairement affiliés, idéologiquement du moins, aux accusateurs.
    Je ne commente même pas, ici, une décision de justice (dont je ne fais que rendre compte de mémoire et dans les grandes lignes) : je ne la lis qu’en creux, pour suggérer, comme une simple hypothèse qui, pour être choquante, est néanmoins recevable a priori, qu’il pourrait y avoir eu là, pour le dire vite, une sorte de “bourrage des urnes au deuxième degré”… Or, si cela avait par malheur été le cas, je dirais simplement : suffisait d’y penser…

    Pour en revenir à nos moutons, inutile de cacher que j’ai pu, à quelques moments, songer qu’une partie même minoritaire, de cette “censure” de mon texte sur l’article 50 (au demeurant, et jusqu’à preuve du contraire un simple refus de publication, ce qui est a priori très différent) ait pu avoir un caractère politique, et dans ce contexte j’ai pu penser, bien sur, aussi bien à l’hypothèse “vaillants soldats de l’UPR” qu’à celle de divers euro-trolls…. qu’ils soient officiellement payés par nos impôts via une mesure entérinée par le “Parlement européen” (pour une fois qu’il semble avoir un peu de pouvoir et de budget…) ou qu’ils soient, au hasard, des égarés militant au machin Phi, néo-NPA, crypto-F-haine, que sais-je encore : en gros, tous les partis ou presque feraient l’affaire.

    Quoi qu’il en soit, je me suis dit qu’au pire ce ne serait que partie remise, et que d’ailleurs je devrai veiller à remettre un peu d’ordre dans ce texte (coquilles d’orthographe ou de grammaire, et surtout mise en annexe de deux longs passages menaçant de dégoûter le lecteur).

    Et puis, très récemment, j’ai appris qu’une conférence organisée par l’UPR se tiendrait bientôt en un lieu et à une date qui me permettrait peut-être d’y assister. L’idée m’est alors venu de publier ce texte (ainsi retoiletté, quoique jamais assez) ici, chez moi. Soit dans cet espace somme toute très confidentiel, ne serait-ce que parce que j’ai attendu très longtemps avant de me décider à monter un weblogue (il suffit de regarder les dates des premières publications), et qu’il me convient très bien, loin d’être envahi de commentaires et autres demandes pressantes, que ce bout d’espace-temps me serve surtout de “bloc note” ne regroupant que patiemment certains de mes travaux qui me semblent être de qualité, ce qui n’empêche en rien (au contraire) de se référer à l’un ou l’autre de ces textes par un simple lien cliquable, lorsque j’interviens ici ou là.
    Après quoi, donc, je pris le parti d’insérer un tel lien dans un espace dont je tairais ici le nom, mon but n’étant pas de fournir des moyens d’identification de personnes que je vais évoquer à l’instant, car il ne s’agit pas, de toutes manière, de mettre en cause des personnes en particulier, d’autant que je n’ai encore eu qu’un bref contact avec elles.
    Suite à cela, précisément, j’ai contacté certaine délégation de l’UPR pour leur faire savoir que, si j’en avais l’occasion, je soulèverai peut-être, dans la série de questions concluant la conférence que j’ai dite, le sujet du recours à l’article 50, auquel je me disais résolument opposé, en ajoutant naturellement un lien vers cette page.
    J’ai eu à ce stade deux retours, l’un et l’autre provisoires, disons, et plutôt antagonistes en termes d’humeur et d’application.

    Le premier, au demeurant très ouvert et jovial, m’a invité carrément à venir en discuter avec lui. Du reste, j’ai convenu moi-même, suite à sa suggestion, qu’il n’était pas dit qu’il serait opportun que j’aborde le sujet dans les circonstances visées, ne serait-ce que parce qu’elles ne seraient pas optimales pour avoir assez de temps pour présenter le problème à l’auditoire. Sachant que, d’un autre côté (je le dis ici), je conviens volontiers que la démarche, même avec plus de temps, pourrait créer pas mal de confusion et de division.

    Mais bien évidemment, s’il advenait que ma démonstration lui paraisse, sinon très convaincante, du moins grandement digne d’intérêt, il se trouverait vite, d’une manière ou d’une autre, en porte-à-faux avec la direction du mouvement, un mouvement dont il est évident qu’il a fait le choix d’une forte centralisation et d’une capacité très marginale de négociation interne – je ne condamne d’ailleurs pas, je constate, et cela me semble n’être qu’une condition et une conséquence particulières à la fois de la position du fondateur et Président amené à le rester, et de la stratégie choisie pour défendre exclusivement un projet précis.

    Mon problème avec l’UPR, à cet égard, ne serait donc même pas son caractère si ostensiblement sectaire, si justement je n’étais pas à ce point convaincu, moi-même, que M. Asselineau, tout en n’écoutant plus guère ce qu’il prendra naturellement pour des adversaires, s’est en fait en assez grande partie fourvoyé sur le constat – au mieux, principalement par manque de compétence en droit, au pire du fait d’une déformation professionnelle très typique du bon élève archi bucheur de (sciences po ? puis) de l’ENA, qui, à force de potasser, n’a jamais le temps de se remettre sérieusement en question. Oh, il pourra encore longtemps voir grossir les indices tout quantitatifs de ses soutiens, la quantité ne remplacera jamais loin de là, la qualité. Reste que si son organisation est effectivement aussi autiste qu’elle le paraît à la centième vue comme à la première, tandis qu’elle a obtenu de fait une position assez dominante sur le dossier du Frexit, pour ne pas dire, quoi que cela semble être une conséquence inévitable de sa doctrine, qu’il prétend au monopole du Frexit, ce qui n’est pas sans poser problème et potentiellement nous poser à tous un gros problème. En particulier, cela pose évidemment, en termes tactiques sinon stratégiques, la question pas très subsidiaire de savoir comment on pourrait encore chatouiller utilement le pilote automatique qui semble diriger cet avion sur sa voie immaculée.

    Le deuxième retour que j’ai déjà eu montra, quant à lui, une suffisance et un mépris des plus surprenants. Non seulement il n’a rien trouvé de plus convainquant, pour justifier son passage éclair là où j’avais indiqué un lien vers cette page, que quelques mots pour déclarer de que c’était là de l’ “info”…. et que celle-ci était bien évidemment “fausse” – avait-il d’ailleurs lu plus que quelques bouts de cet essai, autrement qu’en diagonale, ou l’avait-il lu sans comprendre grand chose ? – mais, tandis qu’il m’invitait à ne pas “véhiculer” une “telle propagande” – bien évidemment, mon analyse étant présentée sous un label au demeurant clairement contraire à la ligne du Parti, elle ne peut qu’entrer dans une case bien unique et bien calibrée, la seule que puisse concevoir un soldat autant privé, volontairement ou non, du droit de (se) questionner – il n’a peut-être même pas compris que j’avais moi-même produit cette analyse, tout seul comme un grand.

    Bon, comme ce genre de personnes aiment souvent les labels (lesquels, on le sait, servent utilement à remplir des bacs), je me suis abaissé à insérer dans ma signature, après mon nom et ce numéro de téléphone qu’il ne composera vraisemblablement jamais : “ancien secrétaire national du M’PEP aux affaires européennes, et aux questions monétaires”. Ouarf. Un titre aussi long que pompeux, j’en suis bien désolé d’ailleurs… mais pas pour autant si surfait, d’après moi, si je m’en tiens au fait que ceux qui m’en ont autrefois affublé sont très généralement des gens dont j’ai eu maintes fois à admirer la qualité du travail et jusqu’à la suite dans les idées .

    Au deuxième “échange”, il montrait encore une ferme volonté de ne pas lever le petit doigt pour argumenter seul, comme un grand. Cette fois son propos s consista en une phrase dont le nombre de fautes en tous genres, et leur combinaison, en faisaient une sentence assurément pas française. Du reste, il en était déjà à m’indiquer, pour tout dédommagement, une deuxième vidéo en ligne. Il n’avait donc strictement aucune pensée en propre, jusqu’à preuve du contraire du moins, ou il se garde bien d’en avoir. Quelle misère ce serait.

    Par contre, dans son application à orienter vers la parole de celui qu’il considère à première vue comme “Saint Asselineau qui ne se trompe jamais et qui connait même tout surtout, surtout sur l’article 50 (vous pensez)”, et à ne jamais orienter que vers ladite vérité révélée, il a eu le très bon goût de m’indiquer une conférence de François Asselineau que j’avais déjà vue une fois, puis revue au moins une fois, le crayon à la main, du moins pour la partie en rapport avec la question.

    Dans le commentaire suivant (2/2), je vais justement commenter cette courte séquence (d’environ 16 minutes) qui, dans cette vidéo, est supposée nous offrir sur un plateau la lumière définitive – balayant accessoirement un pauvre essai tel que le mien.

    Je remercie au passage le trublion de service pour m’avoir rappelé cette conférence, car ce nouveau visionnage de la partie incriminée m’a plus que jamais démontré que, sur ce sujet précis, M. Asselineau n’a vraiment pas le niveau. Chose qui ne se révèle pas seulement par le fait qu’à plusieurs reprises il énonce des propositions tout simplement fausses, ou commet, à plusieurs reprises également, des omissions et des raccourcis confinant à l’absurde. Mais nous y venons sans plus tarder. Je n’ai jamais demandé à quiconque de me croire sur parole. Allons-y donc, gaiement.

  • Premiers retours de l’UPR (2/2) – “Le jour pendant” [1/3]

    A) Lien, introduction et avertissements au lecteur

    J’en viens comme convenu, à la séquence vidéo évoquée à la fin du message précédent.

    La conférence de François Asselineau en question est intitulée : “Le jour d’après” – en référence anticipée aux semaines et aux mois suivant la sortie de la France de l’euro, de l’Union européenne et de l’OTAN :

    https://www.upr.fr/conferences/le-jour-dapres-la-sortie-de-lunion-europeenne-fin-du-monde-ou-liberation/?fbclid=IwAR2jZ5_STpP_dK89-SriqnhZn7QflfJXc3DJZC5N-xvpkn9JWmNGXIPZnyA

    Cette conférence, d’ailleurs raccourcie pour l’occasion – M. Asselineau, qu’on sait particulièrement endurant, en tous cas en cette matière, entamait là une seconde conférence dans la même journée (ce qui n’est tout de même pas habituel, pas même pour lui) -, dure 3 heures 40, mais la seule partie vraiment et directement pertinente, du moins non facultative, en ce qui nous concerne ici, est en fait très courte : elle dure environ 16 minutes [de la minute 38:15 (ou 37:30) à la minute 54:00 environ] – j’ai noté tout de même, quoique n’ayant pas revu l’intégralité de cette vidéo cette fois-ci, un autre (court) passage un peu pertinent, vers la minute 1:34:00 (pertinent, du moins, en ce qu’il indique une (nouvelle) confusion et/ou erreur par omission de la part de M. Asselineau).

    Je tiens à indiquer que, justement puisque cette présentation est elle-même, malheureusement, bien trop courte au regard de ce sujet décisif, donc inévitablement trop vulgarisée (et faite, qui plus est, dans des circonstances où la fatigue et la digestion exercent couramment leurs basses œuvres), je conviens très volontiers et j’invite chacun à considérer que toute boulette commise par le conférencier – de la plus flagrante bête erreur factuelle affectant une formule archi-concise à celle qui découle de l’omission, volontaire ou non, d’aspects très importants en lien avec la problématique – doit d’abord être envisagée comme étant simplement à mettre sur le compte des circonstances.
    Je les noterai néanmoins scrupuleusement, dans la partie détaillée de cette analyse, par simple souci de clarté et dans la perspective d’échanges futurs, tandis que je m’interdirai autant que possible d’en pointer, dans le résumé, sauf s’il m’apparaît que la persistance dans l’erreur pourrait bien révéler une carence décisive dans le constat que fait François Asselineau, s’agissant notamment du cadre juridique dans lequel il inscrit sa vison.

    Je vais tout d’abord indiquer brièvement, en résumé, quelles sont les principales objections que m’inspire cette version de « la part centrale du manifeste de l’UPR » (si l’on me permet cette convention de langage), afin de ne pas fatiguer un lecteur qui serait un peu pressé (et afin de ne l’inviter que mieux à revenir plus tard), avant de m’y pencher longuement et en détails.

    Je remercie par avance le lecteur de m’indiquer d’autres passages pertinents au regard du sujet abordé sur cette page, dans cette vidéo ou bien ailleurs (à condition, bien sûr, de ne pas m’envahir de références secondaires et par lui mal digérées) ; il va sans dire, mais ça va mieux en le disant, qu’indépendamment de ma bonne foi et de ma bonne volonté, j’en ai très probablement raté, pour l’instant du moins.

  • Premiers retours de l’UPR (2/2) – “Le jour pendant” [2/3]

    [NdS : comme je risque de devoir interrompre quelques temps y compris ce travail en cours, je prends le parti de poster en l’état ce bout de suite – naturellement, bien des développements ci-dessous n’étaient pas prévus pour figurer dans le résumé…]

    François Asselineau prétend que l’insertion de l’article 88 dans la Constitution (soit le titre XV) ou, plus spécifiquement, celle de ses deux premiers alinéas (88-1 et 88-2), aurait été faite en 2005 (sous la Présidence de Nicolas Sarkozy).

    Cette faute flagrante est commise de manière bien trop répétée pour que l’on puisse raisonnablement la mettre sur le compte de la simple erreur par omission, et au final pour ne pas susciter une franche inquiétude : elle semble bien plutôt révéler une dramatique carence d’analyse qui ne manquera pas, en définitive, de semer massivement une confusion décisive dans le Peuple – involontairement, sans doute, mais cela ne change rien à l’affaire, et ce serait même plus dangereux encore, sans doute (car la dynamique serait lors renforcée par le zèle que confère l’ignorance elle-même).

    En réalité – et bien évidemment, doit-on dire -, l’insertion de l’aberration composée des quatre alinéas de l’article 88 (88-1, 88-2 mais aussi 88-3 et 88-4) remonte à la « loi constitutionnelle » n° 92-554 du 25 juin 1992. Ce qui fait, somme toute, une sacrée différence…

    Une « loi » prétendument « constitutionnelle » (celle du 25 juin 1992), en réalité anticonstitutionnelle, justement : c’est précisément là le fil de mon message et le cœur de la stratégie qu’il présente (sans aller jusqu’à invoquer Rousseau pour faire valoir qu’à ce même titre elle n’est pas non plus une loi, bien sûr, pour la même raison, qui veut également que sinon, dans le Peuple, ça se saurait).

    Techniquement, l’article 88 forme à lui seul, depuis 1992, le titre XV, initialement intitulé « Des Communautés européennes et de l’Union européenne » de la désormais fausse Constitution de la République française suspendue – l’infâme insertion ayant dans le même geste décalé au numéro XVI l’ancien titre XV (pour le coup, ça sent l’ sapin… pardon je plaisante), c’est-à-dire l’article 89 « De la révision », qui encadre les procédures de révision de la Constitution.

    Bien évidemment, la formule de l’article 88-1 a subi ensuite quelques changements, et ce à plusieurs reprises, tout simplement pour que la référence au traité de Maastricht qu’elle établissait en devienne une au traité d’Amsterdam, puis au traité de Nice puis, enfin, aux duo de traités “européens” consolidés, soit le TUE et le TFUE tels qu’ils résultent des modifications apportés par le traité (“modificatif”) de Lisbonne. (1) Il n’en demeure pas moins qu’on tombe de très haut en voyant une personne si sûre d’elle généralement très appliquée, et au demeurant déjà candidate à la Présidence de la République déclarer – dans des circonstances où d’ailleurs aucun roquet de presse ni rien d’autre ne le pressait tout de même à ce point d’occulter ces quelques détails de l’Histoire – que c’est M. Sarkozy qui a (en 2005) installé la “Poison Pill” – entendez : “le Chapeau de l’Article 88” – dans la Constitution française.

    Dans le contexte d’une aussi royale confusion, par exemple, F. Asselineau en est également réduit à dire :

    – que [53:25] “c’est comme ça [par “la procédure du Congrès” définie par “l’article 89“] qu’on a eu le traité de Lisbonne” – certes, mais nulle part, en tous cas dans la séquence étudiée (ni ailleurs dans cette conférence, sauf oubli de ma part), M. Asselineau ne songe à ajouter que c’est aussi “comme ça”, en définitive, qu’on avait eu le traité de Maastricht 16 ans auparavant… bien qu’une telle affirmation puisse paraître délirante au premier abord puisqu’il y a eu un référendum en 1992 – pour la énième fois, le coup est bien le fait du Congrès, qui a à la fois précédé et rendu possible ce référendum (je ne crois pas me souvenir qu’il y ait eu un référendum, non plus, pour ou contre la loi de ratification du traité d’Amsterdam, ou celle qui a prétendu approuver les dispositions du traité de Nice) – ;

    puis à évoquer [vers 1:34:00] :

    – cette monnaie symboliquement libre (le « Franc ») disparue comme par magie « en 2002 ». Comme si non seulement le calendrier, mais toute la doctrine et, surtout, l’ensemble des mécanismes primaires de l’opération ne remontaient pas au traité de Maastricht, qui établit la “monnaie unique” qui allait s’appeler ensuite l’€uro – plus précisément, à ce même coup d’État du 25 juin 1992 qui a permis de faire semblant que le Peuple français avait lui-même approuvé la loi de ratification du traité de Maastricht ;

    – cette « dictature européiste qui ne dit pas son nom », dont l’auditeur semble poussé à croire qu’elle se serait établie pas plus tôt qu’en 2005, ou même – qui sait ? – le 4 février 2008. Là encore, le niveau d’à-peu-près dans la date n’a d’égal que celui de la confusion dans le langage. (2)

    Je lui fais grâce de la référence à la date historique du « 27 mai 2005 » [vers 51:00 de mémoire]. Si ce n’est pas moi-même qui ai raté un gros épisode, je mettrais volontiers ça sur le compte, au hasard, d’une bonne décoction – qui peut parfois se révéler être une “poison pill” la garce – qu’on pourrait servir, en la Haute-Loire, quelque part entre le café et l’addition.

    – Bien que la stupéfiante anomalie suivante soit vraisemblablement liée à une simple incorrection de référence (malheureusement celle commise à l’oral s’accorde ici avec celle commise sur le slide Powerpoint) il n’en demeure pas moins, dans le contexte [vers 54:00] que François Asselineau commet le tour de force de nous proposer textuellement : « nous supprimerons purement et simplement cet article 89 » !!!

    Après mûr examen, à la très grande rigueur, il n’est dit nul part que ce serait idiot… Mais il faut tout de même commencer par rappeler qu’en sus des dispositions scélérates de son seul paragraphe 3 (qui fait très visiblement le seul objet de la proposition de l’UPR), lesquelles permettent à un tyran de modifier jusqu’au trognon la Constitution sans demander son avis au Peuple, cet article 89 vise… commençons déjà par citer in extenso ce dernier article de la Constitution :

    Titre XVI – DE LA RÉVISION

    ARTICLE 89.

    [89-1] L’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président de la République sur proposition du Premier ministre et aux membres du Parlement.

    [89-2] Le projet ou la proposition de révision doit être examiné dans les conditions de délai fixées au troisième alinéa de l’article 42 et voté par les deux assemblées en termes identiques. La révision est définitive après avoir été approuvée par référendum.

    [89-3] [à abroger] Toutefois, le projet de révision n’est pas présenté au référendum lorsque le Président de la République décide de le soumettre au Parlement convoqué en Congrès ; dans ce cas, le projet de révision n’est approuvé que s’il réunit la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés. Le bureau du Congrès est celui de l’Assemblée nationale.

    [89-4] Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu’il est porté atteinte à l’intégrité du territoire.

    [89-5] La forme républicaine du Gouvernement ne peut faire l’objet d’une révision.


    Ainsi donc, M. Asselineau aurait-il l’intention de faire retirer carrément, pour commencer, cet article 89-5 oublié de tous, qui interdit formellement d’abolir la République !
    Plus sérieusement, il nous autorise à nous demander très franchement si par malheur, lui qui prétend postuler à la mandature suprême, celle réputée consacrer un homme comme l’ultime garant de la Constitution, et lui qui travaille si bien ses dossiers quand il le veut bien, il n’aurait tout de même pas poussé le bouchon jusqu’à potasser complètement à l’arrache le texte sacré.
    Plus sérieusement encore, je conçois bien qu’à l’ENA on prétende enseigner y compris le droit constitutionnel, mais pour avoir travaillé moi-même cette matière en pur candidat libre à rien du tout qui s’apparente à un certificat académique, cela fait belle lurette que je suis placé et pour travailler bien plus mes dossiers qu’un F. Asselineau en maintes matières dont celle-ci et pour ne plus m’émouvoir qu’un haut fonctionnaire tend assez naturellement à non seulement avoir des connaissances bien trop superficielles… mais à être surtout équipé dans le même geste de la funeste certitude que ce n’est pas le cas. Bref, l’ENA forme de bons autistes y compris et surtout à l’Inspection générale des finances de mon pays. Mais de toutes manières, elle-même le sait, et on ne compte plus le nombre de ses anciens élèves qui réclament purement et simplement, depuis longtemps déjà, la fermeture de cet établissement dont chacun sait que sa fondation n’était justifiée que par le fait que la France avait, après guerre, un impérieux besoin de former en urgence suffisamment de cadres sup pour occuper les charges de l’Administration. Autrement dit, son objet impliquait également une durée limitée, et cela fait longtemps qu’elle a fait son temps. Mais les institutions, comme tout corps vivant (ou Corps), répondent toujours d’abord et avant tout au besoin qu’elles ont de survivre, c’est parfaitement naturel.

    Toujours plus sérieusement encore, il y a que le simple fait de contrarier un tant soit peu le dogme asselinien – alors l’article 50, carrément, ma bonne dame, vous n’imaginez pas – vous vaut d’être systématiquement reçu, ou envahi jusqu’en bas de votre caverne, a fortiori sur les espaces publics de l’Internet, selon l’approche par vous tentée, par une armée d’adeptes dont le fanatisme, l’aveuglement l’incapacité à raisonner n’a d’égale que la docilité envers Le Chef qui va sauver la France. J’espère tout de même qu’il est bien moins nul dans l’art militaire – quel grade a-t-il, au passage ? – et qu’il se souvient encore, au moins, que ni Le Général ni Robespierre ne sont jamais allés à la pêche au voix.

    Naturellement, la prétention de l’UPR à monopoliser la cause du Frexit saute aux yeux, tout comme l’incapacité de ses cadres et autres bons soldats à concevoir que cela puisse poser problème. Mais il s’agit déjà simplement de voir qu’elle est affichée dans la charte fondatrice. Rassembler tous les français, au-delà de tous les clivages, pour sortir de l’UE – et de l’euro, bien évidemment (et de l’OTAN). On ne peut pas être plus clair.
    En d’autres termes, la prétention totalitaire du mouvement (le terme « mouvement » est d’ailleurs soigneusement choisi à cet égard) est affichée, comme il se doit, au grand jour. Et en matière de discipline interne, la chose est tout aussi entendue : il n’y a rien à discuter, surtout pas sur le sujet de l’article 50 : c’est évident. Et d’ailleurs, je te rappelles que tu as signé la Charte. Bref, si t’es pas content tu te casses.
    Et en matière de propagande, tout aussi logiquement, le résultat est tout aussi net et sans bavure : toute démarche, tout discours qui constituerait une subversion au regard du programme de l’UPR est une évidente atteinte à la cause de la Libération.

    Alors bien sûr, tandis que M. Asselineau, déjà bien trop occupé pour lire en entier notre Constitution de quelques pages, ne songera évidemment jamais à lire ce texte – un essai qui, en plus d’être ainsi intitulé, est aussi long, comporte autant d’aller-retours, articule de hautes considérations en tant de matières différentes pour qu’un potache y voit plus qu’une intense confusion de la part de l’auteur ; un texte dont le ton, et la forme encore moins, ne correspondent pas, loin sen faut, aux standards de l’énarque à l’esprit si bien formaté pour lui procurer cette assurance que, s’il conçoit une chose clairement c’est uniquement la preuve que ladite chose est simple, … et au bilan, un propos si peu flatteur pour sa flatulente suffisance – aucun de ses vaillants soldats, surtout ceux qui ont le niveau, n’osera dire à ce pauvre homme barricadé, ou à un de ses lieutenants, des choses qui fâcheraient tellement son petit confort intellectuel, qui saute aux yeux plus que tout le reste. Le schéma est parfaitement connu, des cuisines des partis staliniens à celles des palais de Saddam, c’est encore et toujours le même tableau “forcené”. Mais ça veut vous libérer la France – suffit juste de suivre le mouvement. Libérer de quoi ?

    Après quoi on me reprochera évidemment beaucoup d’avoir fait publier ce texte sur Agoravox ou dans un autre site combinant objectif de libre expression et audience relativement importante. ALORS QUOI ? Je le fais publier ou pas ? Allez, je dirais que vous avez maxi une semaine pour vous bouger le fion, sans quoi je crains d’être amené à poster ça dans un espace bien moins confidentiel. Vos petits bras serviles, voulant bien faire, tacheront alors d’empêcher la publication ou, s’ils se sont ratés, il viendront vite faire leur agitation calibrée, dans les commentaires comme dans les cliques et les laïque. Que vouez-vous que je vous dise ?

    (1) Pour être tout à fait précis : s’il ne fait aucun doute que le Chapeau de l’article 88 a été établi en 1992, dans les circonstances que j’ai dites et redites, et non pas plus tard, on pourrait aussi se demander si ce n’était pas encore plus tôt. En réponse à cette dernière suggestion, il faut apporter deux éléments :

    – d’une part, chose que j’ai rappelée et mise en gras dans cet essai, la violation du principe de la souveraineté nationale s’est faite en partie très appréciable par la voie d’un “coup d’État larvé dans le domaine du Pouvoir judiciaire”, selon des voies au demeurant pas encadrées par la Constitution, et selon une évolution dramatique découlant en premier lieu de la jurisprudence de la Cour de justice des Communautés européennes (CJCE) elle-même – basée à Luxembourg, soit dit en passant (soit ni à Bruxelles ni à Francfort ni à Strasbourg) -, le “coup de force” affectant, pour commencer, la manière dont cette Cour établie par voie de traités (“Le Juge européen”) interprète ces mêmes traités… (un pouvoir qui lui avait déjà été attribué, donc). La première mesure flagrante, sur la “face Nord” dudit coup de force, remonte pas plus tard qu’au 5 février 1963 (Arrêt Van Gend en Loos), et a consisté à poser que « les sujets [de la Communauté européenne] sont non seulement les États membres mais également leurs ressortissants ». Cette manœuvre crapuleuse fut rapidement suivie d’une seconde offensive complétant en quelque sorte la première : l’Arrêt Costa c/ Enel du 15 juillet 1964 entend consacrer, par décision de la CJCE elle-même, le principe de primauté du “droit communautaire” sur les législations nationales. Mais à part quelques conséquences particulières, ces belles déclarations étaient encore loin d’avoir des effets réels, qu’ils soient de nature à modifier les vues et les méthodes du pouvoir judiciaire ou bien du pouvoir législatif (au plan national). Ce premier coup d’essai – cette offensive constituée par ces deux arrêts de 1963-1964 – fut suivi d’un second opéré en 1969 et 1970 par deux nouveaux fameux Arrêts de la CJCE (voir encore le lien cité dans ce paragraphe). Un autre élément de l’affaire, lui même aussi scandaleux que larvé, fut qu’aucun des États membres ne dénonça ces graves atteintes aux principes de droit international (prétendant changer le sens de ce qu’est un traité, un accord, une convention internationale). Enfin, les effets réels de ce “coup d’État larvé dans le domaine du Pouvoir judiciaire” ne purent se multiplier, finissant par devenir monnaie courante, qu’avec la complicité du Pouvoir judiciaire national ;

    – par ailleurs, on doit rappeler la loi constitutionnelle du 4 juin 1960, faite par le Général de Gaulle (et nécessairement contresignée par Michel Debré qui était alors le Premier ministre) dans la mesure où, tout en étant antérieure à la fois à celle du 25 juin 1992 et aux offensives “par voie judiciaire” décrites au point précédent, elle pourrait laisser croire à un lecteur très profane ou distrait qu’elle constituait une sorte de premier “pied dans la porte” au sens d’une manœuvre générale visant à abandonner la souveraineté nationale et d’ailleurs elle introduisait également, dans la Constitution (ajouts dans un ancien article 85 et ajout d’un article 86, soit sous un Titre équivalent à l’actuel titre XV autrement dit à l’article 88), des dispositions relatives aux rapports de la République française avec “la Communauté“. Mais une lecture un peu attentive permet très rapidement de constater que cette innovation, loin de permettre un tel “pied dans la porte” : – confirmaient et réaffirmaient avec force le principe de la souveraineté nationale (pour la France mais également pour tout autre État souverain) ; – tout en faisant référence à des “accords conclus entre tous les Etats de la Communauté“, se contentait de reconnaître leur existence par principe et dans l’avenir, et s’abstenait soigneusement d’en mentionner aucun, pas même ceux déjà en vigueur – pas même, donc, le traité de Rome, les dispositions de la CECA, etc. : rien du tout qui puisse lier la Constitution par voie de traités.

    (2) Il y a là, du reste, une dangereuse confusion entre le concept de dictature et celui de tyrannie. Car ce sont deux notions non seulement bien distinctes mais essentiellement antagonistes : tandis que la tyrannie est le règne de l’arbitraire, la dictature relève justement de la république ; elle correspond simplement à une mesure radicale, conçue comme plus ou moins temporaire, mise en œuvre suite à une trahison des élites (couramment liée à la menace d’un empire) après que le peuple se soit trop longtemps ré-assoupi, dans laquelle le peuple accepte de déléguer à un seul homme (ou à un conseil restreint) l’ensemble des pouvoirs les plus décisifs, acculé qu’il est par ce dilemme : oui, nous voulons nous libérer, mais jusqu’à nouvel ordre il y aussi, comme disait l’autre qu’ « un peuple d’esclaves n’a pas besoin d’un libérateur mais d’un maître ». Bref, la dictature n’est rien d’autre que la république en état d’urgence ou de siège. Cette erreur de langage, pour être si courante, n’en promet que mieux qu’elle pourrait bientôt nous coûter très cher, pour ne pas dire qu’elle nous a déjà coûté un avant-bras et une jambe.

    Pour ne citer qu’un autre symptôme, songeons à tous ces gens de bonne volonté qui par inconscience (et ignorance), traitent supposément en français (langue ô combien historique de la diplomatie, des cours royales et des tzars de la Grande Russie, et du Droit) de dictateur M. Vladimir Poutine, notable Président de la Fédération de Russie, sans songer un instant que c’est là un compliment… d’autant que, même en mettant de côté ses notoires qualités personnelles c’est la constitution de la république fédérale de Russie qui lui confère un rôle encore plus dictatorial, c’est-dire que la Constitution de 1958 n’en confère au Président de la République française !

    Tandis que le problème de M. Macron, au hasard, est précisément que, loin d’être un bon dictateur qui se respecte, il n’est qu’un tyran doublé d’un imposteur qui usurpe l’image du Pouvoir : il est bien évident qu’il n’est que la marionnette et l’agent d’un Pouvoir qui le dépasse et le tient entièrement dans sa main. Ainsi devons-nous parler non pas de « dictature qui ne dit pas son nom » mais de despotisme : c’est le terme consacré, que je sache. Une fois seulement qu’on a fait ce genre de clarification, et d’autres dans différents champs d’analyse, on peut commencer à apprécier le caractère proprement impérialiste, disons le mot : totalitaire – du régime dont l’UE constitue à la fois une annexe et un laboratoire (de torture du Droit, en premier lieu) de premier choix.

  • Premiers retours de l’UPR (2/2) – “Le jour pendant” [3/3]

    Mais reprenons le fil de notre commentaire.

    [NdS : comme indiqué en tête du message précédent, je romps provisoirement avec le plan indiqué, supposé présenter d’abord un résumé de mes objections, et je continue à poster au fil de l’eau mes notes détaillées… – je reprendrai cela en temps voulu. Entre autres persécutions qui m’occupent et entendent me divertir en ce moment même, j’ai à traiter d’un cas qui s’évertue, tout en ne lisant surtout pas mon essai, seulement mes réponses à son charmant interrogatoire bâclé, et me sommant comme il se doit de dévoiler sur le champ, et en termes accessible à l’hermétique le plus immaculé quelles sont aux juste mes motivations et mes visées, à ne pas voir que je m’acharne simplement à être un bon poil à gratter.]

    Ainsi donc M. Asselineau qui dit vouloir éradiquer l’article 89 de la Constitution de mon pays ne sera pas conduit à devoir affronter trop directement la question de savoir si le peuple entend sérieusement récupérer le pouvoir d’initiative le plus décisif, celui qui conduit à la révision de la Constitution, excusez du peu [art. 89-1]. Ah, décidément, c’est bien pratique, de “supprim[er] purement et simplement cet article 89“… de la discussion.

    Tandis qu’il ignore même probablement qu’à peu près tous les partis, depuis des lustres, nous ont promis le Référendum d’initiative citoyenne, et alors qu’il prétend ici comme ailleurs pouvoir faire mieux que les autres – car les autres sont méchants ou bien idiots (qui croit-il donc convaincre et pouvoir guider sinon des adultes qui croient encore aux contes de fée ?) – ; bref, tandis qu’il a le toupet [58:20], si typique de l’aristocratie des pires (celle des machines à faire élire), de nous faire le coup de la der des der, sa candeur plus académique qu’émouvante lui interdit vraisemblablement de voir en “le RIC” (ou RIP, dans son jargon qui tient ici encore à se distinguer du lot commun sans qu’on sache bien au nom de quoi) mieux qu’une babiole qu’un de Gaulle aurait marginalement agité pour calmer le bon peuple après quelque turbulent passage. D’ailleurs, il n’entend surtout pas abolir pour autant le référendum à l’initiative du Président ou d’on ne sait qui d’autres qui ont justement assez de pouvoir pour n’avoir aucune raison autre qu’inavouable de recourir au plébiscite. Et tout aussi accidentellement, bien sûr, ce monsieur candidat nous dit qu’ “on” organisera des RIC (RIP)… et oublie royalement de préciser le plus important : quelle sera donc la portée de ces votations ? Dormez bien, bande de veaux : Papa arrive qui vous donnera encore demain du petit lait.

    Fort heureusement, à l’heure des Gilets jaunes, les citoyens véritablement non clivés et non clivants – non déracinés qu’ils sont vraiment, au point d’avoir leur compte chèque dans le rouge trois semaines et demi avant la fin du mois, quand ce n’est pas au point de craindre chacun que leur propre couple n’en vienne pas bientôt à exploser en vol, aux abords d’un rond point, face aux ultimes sursauts de l’empire – sont entrain d’apprendre très sérieusement que par construction il est vain, voire aussi anti-productif, d’attendre qu’un tel bijou démocratique vous soit ** octroyé **. Après quoi – et d’ailleurs, ça aussi, et surtout ça, ils l’ont déjà massivement deviné comme des grands… – ils s’interdiront souverainement de fixer des limites à la portée du joujou qu’ils auront eux-mêmes institué. Par la grâce de la volonté du Peuple, celle qui ne se décrète pas mais s’exprime par le miracle du fait accompli.

    Mais on s’offusquera très chaudement, c’est à prévoir, que je puisse ainsi broder autour de ce qui constitue vraisemblablement une simple boulette, même à mes propres dires… Quel niveau de maladive perversité faut-il avoir, quand en plus il s’agit de subvertir ainsi… LE mouvement de libération nationale ? Ouais, ouais mon coco : je suis simplement entrain de finir de montrer ici que c’est en face de moi, comme le nez au milieu de la figure, que je vois un bon gros schéma bien pervers. Jusque dans ces accumulations d’inoffensives grosses boulettes qui ne conspirent au demeurant que par simple petit concours de circonstances – même la police de Macron, dont on imagine fort bien qu’elle n’œuvre qu’à reculons et en se bouchant le nez, est rompue à ce type d’exercice… alors “vous pensez bien”…

    La question, lecteur, si toi-même n’est pas bouché par la mauvaise foi, n’est précisément pas de savoir si M. Asselineau est de bonne foi (je n’ai aucun doute là-dessus), elle est de savoir si tu peux comprendre que ça ne change rien à l’affaire. En français courant, si je reprends : faut pas se foutre de la gueule du monde – ou alors, comme on ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre, fort bien : assume pour commencer de voir pointer une à une tes erreurs les plus grotesques parmi les plus factuelles, citoyen supérieur Asselineau dans le torchon parisien – ici Lugdunum, pays des Canuts, capitale de la quenelle et fief un peu de Jean Moulin et plus sûrement encore de Daniel Pennac, ça va chez vous ? – et pour commencer : s’il te plait, ma cocotte, baisse d’un ton, arrête un peu de te la jouer – tu fais franchement pitié à chaque fois que tu fais ça – et entre deux chaleureux cirages de pompes par tes sbires, profite donc de ton autorité sur elles pour les inviter dans le même geste à se retenir un peu mieux dans leur manie de démontrer au peuple que l’UPR correspond aussi précisément à l’image que tout citoyen peu éduqué se fait de ce qui s’appelle une secte. Ainsi commencerez-vous peut-être, péniblement mais pour le bien de tous, à arrêter de parler tout seuls tout en ne prêchant que des convertis. Bref, au boulot, bandes de branleurs lovés dans les délices de l’être confortable. Va bosser, la France a besoin de toi.

    Et ceux qui craignent réellement que dans, le même geste constituant, le Peuple s’égare au point d’envoyer bouler le nécessaire contrôle de constitutionnalité des lois, démontreront une fois de plus qu’ils n’ont eux-mêmes de savoirs en la matière qu’une substance décrochée du sol.

    Et si ce peuple qui n’en a pas que le nom n’en est effectivement pas – en apparence, du moins – à se focaliser prioritairement sur le Frexit, ce n’est pas à ce mouvement qui continue si bien à bâtir sur du roc – qui garde patiemment et dignement les pieds les mains dans la merde tandis que s’élève sa tête que ne voient pas ceux qui ne voient que les têtes qui dépassent – que j’aurais à faire observer que c’est peut-être tout simplement parce que chaque chose en son temps. Mais un énarque qui se conçoit et s’autoproclame résistant par la tête – cette tête par laquelle le poisson pourrit toujours, principe que l’ami Asselineau tient lui-même à ré-énoncer vingt fois par mois – et qui entend ainsi condamner si efficacement la cause du Frexit, ne serait-ce que du fait qu’une pichenette sur sa personne (ce drôle ne comprend manifestement pas, moins que tout le reste, les subtilités des méthodes des services secrets) suffirait à couper le souffle à tout l’édifice… ne peut tout simplement pas comprendre cela.

    Pas plus qu’il ne peut comprendre qu’il ne suffit pas de sortir de l’UE et de l’OTAN, mais encore du FMI et de la Banque mondiale, de l’OMC (pour en revenir au projet sabordé d’OIC), de la Convention cadre de l’ONU sur le climat, de l’Organisation météorologique mondiale (là encore, notez qu’on a subtilisé le qualificatif “international” depuis des lustres), et donc accessoirement du machin ad-hoc dit GIEC, de l’OMS (évidemment, et en courant), de Machiavel-pédagogue du déracinement, plus saillant de ces princes atomisateurs, de l’UNESCO, …. bref : de l’ONU et de toute structure SUPRANATIONALE – c’est tout de même pas compliqué à comprendre ! – … et de foutre à la porte et l’OCDE et le Club de Paris – et pour commencer, ce qui revient un peu au même, de foutre à la porte du Club de Paris ces tyrans fonctionnaires payés avec nos impôts, si ce n’est pas trop demander… (ah oui je sais, les gens qui sortent de la botte n’aiment pas non plus qu’on les chatouille sur le sujet, c’est bien naturel) et le Forum de Davos et le Club de Rome des banquiers pétroliers et les COP21 et autres grandes messes noires prétendant apprendre le sens de la verdure et des racines en l’air à une engeance humaine devenue assez conne pour ne pas voir non plus l’absurdité de la proposition selon laquelle ces humains de passage (éclair) auraient la charge de sauver cette planète assez aimable pour les laisser encore un peu lui gratter le dos.

    Quant au fait que la belle “neutralité économique” d’un Asselineau, d’un Brousseau – d’un Gallois, encore (je suppose) – consistera en réalité à vous vendre une restauration purement fictive de la souveraineté nationale s’agissant du contrôle de la planche à billet et de la politique monétaire plus largement, pour ne les laisser que plus sûrement et plus secrètement aux banques (et) à ces super”marchés” financiers dictant et les variations de taux d’intérêt et les celles des taux de change – pour la simple et bonne raison qu’ils sont too big to fail, t’as encore rien suivi ou quoi ? – à part que j’ai déjà abordé le sujet dans le texte, il faut encore bien comprendre que ces beaux messieurs seront également de bonne foi quand ils vous assureront que ces sujets bassement techniques (l’intendance suivra) et d’ailleurs soi-disant bien trop compliqués pour vous, les gueux, n’ont surtout pas à être abordés avant la sortie de l’euro et de l’UE

    retour à cette sacrée fichue Charte immuable qui a consacré à jamais la ligne du seul machin autorisé à totaliser la cause du Frexit. Bref, ils seront forcément étonnés, encore et toujours, de constater qu’un nouveau trublion en est réduit non seulement à ne pas s’encarter mais à les envoyer plus ou moins impoliment se faire voir. Mais qu’on en finisse, oui : donc poursuivons.

    Ne nous restent plus, ainsi, que le duo [89-2] et [89-4]. A part que j’ai déjà abordé – également – cet épineux problème dans le texte, sans ressentir ni le besoin d’aller plus loin ni la compétence pour le faire utilement, je vous renvoie une fois de plus à l’assurance tout risques UPR, celle que le ridicule ne risque pas de tuer. Tout va bien se passer, croyez-moi, l’empire (prétendument “étasunien”) ne commettra aucun false flag, les services de sécurité et de protection de Ma Personne sont… bien au-delà de l’état de l’art en la matière (pour la même raison qui m’interdit de t’expliquer comment… eh eh “on” maîtrise – TU VOIS ?), et en somme et surtout dormez bien : je vous le dis, il suffit simplement d’appuyer sur le bouton Article 50, d’ailleurs c’est en promo. Croyez-moi sur parole : c’est vraiment magique le doctrinarisme légalien juridicocolalalaire. La preuve : il suffit de ne jamais chercher à lire un texte de loi entre les lignes, pas même en suivant les renvois et autres références croisées circulaires ! Et en plus, ‘savez quoi : c’est parfaitement dans les clous de la légalité… et le comble c’est que c’était même tout le but du jeu (oui, savez, le bac à sable, le garde des sauts – ou des sots, c’est Solon). Bref : la boucle est bouclée. Et comme il se doit, suffisait d’y penser : il suffit en définitive d’être un gros branleur depuis longtemps assis sur les lauriers de ses beaux diplômes… pour faire régner la terreur parmi ses fidèles et foutre la merde chez les autres qui n’ont plus qu’à la fermer. Allez viens, ma cocotte, sans tes prompteurs, sans tes toutous, et viens surtout me démontrer que j’ai tort au sujet d’un coup d’État du 25 juin 1992. En attendant, effectivement, il est à craindre qu’entre partisans du Frexit on ne fasse plus guère que de se tirer dans les pattes. Citoyen, fais ton devoir.

    Je vais probablement continuer, maintenant que j’y suis, à commenter les errements révélés dans la séquence en question, mais il ne faudrait surtout pas qu’à la longue ça ait pour principal effet de distraire de l’essentiel. Or j’ai déjà bien assez (re)démontré que c’est la légalité d’un Asselineau, la même que celle que conçoivent tant d’autres planqués, surtout les plus en vue, qui est complètement hors des balises posées par la Constitution française, par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, et unanimement par les pairs concepteurs de toutes les républiques, modernes comme antiques. Partant, vous croyez sincèrement que ces pauvres imbus barricadés de cette chapelle-là, ou un quelconque clerc bardé de médailles par l’institution chargée de décorer les rois de l’enfumage par voie de perversité judiciariste, vont venir discuter tranquillement avec moi ? Bien sûr que non : pour peu qu’ils m’aient lu, ils auront déjà compris que je les prends quand ils veulent… – autant demander à un éditorialiste d’une des chaînes de ce M. Drahi qui a officiellement fait le choix de n’être plus français, de venir se casser les dents sur un Étienne Chouard… qui même au plus bas de sa forme peut t’en bouffer trois en même temps tous les matins, même quand ce sont eux qui jouent à domicile : sur un plateau de Tétée.

    Quant aux considérations inévitablement croustillantes concernant les hautes ou basses œuvres des forces de l’ordre interne ou externe, d’abord ce n’est pas du tout ma spécialité et, ensuite, si en plus j’en étais moi-même poussé à devoir m’y coller, pour le coups et plus que jamais, je vous le dis : je ferai un peu plus d’efforts s’agissant de m’épancher sur ce sujet ultimement régalien… quand Sa Majesté la Reine de la Sainte Ruche – ou de tel ou tel nid de cafards, ou de mon cul sur la commode – commencera elle-même à lever son petit doigt engourdi à force de régler ses prompteurs ou les notes de frais de sa maquilleuse. Faut pas pousser mémé dans les orties.

    Voilà donc pour l’article 89 – sinon pour vous renvoyer au texte.

  • Une minute de silence

    Nous sommes des gens responsables“, ou plutôt : “nous tenons à montrer que nous sommes des gens responsables“, et “pas des fous furieux“.

    Voilà ce que F. Asselineau disait encore, dans la séquence étudiée.

    Faut voir ? Enfin, comme presque toujours, tout est déjà dans le “nous”.

    En tous cas, comme il faut bien se fixer des limites, je viens de demander formellement à Mme Valérie CHENARD, qui – rapide vérification faite suite à la pénible interruption qu’elle vient de m’infliger – est manifestement la personne qui fut dernièrement présentée par l’UPR comme candidate principale aux élections législatives pour la 5ème circonscription de l’Isère – 46 ans, psychologue du travail (manifestement en tragique décompensation psychologique de je ne sais quoi, peut-être consécutive à un “burn-out” (je ne sais pas ce que ça signifie, mais c’est ce dont elle m’a très rapidement fait part elle-même)) -, d’arrêter de me contacter désormais, en l’informant que je signalerai aux instances dirigeantes de cette organisation politique son comportement à la fois franchement indigne et par ailleurs propre à discréditer de manière flagrante ce mouvement qu’elle est réputée défendre ou représenter d’une manière ou d’une autre (je suppose).

    S’appliquant systématiquement à démontrer qu’elle n’a jamais lu mon texte (ni eu l’intention de le faire), elle m’a adressé (par écrit) divers faux procès délirants :
    – tout d’abord, alors qu’elle s’était immiscée sur une page où je venais tout juste de publier un lien vers cette page de mon wèbelogue, elle a déclaré ni plus ni moins que mon essai était une “info” (?) et que ladite “info” était évidemment “fausse” ;
    – puis m’a reproché, dans un message écrit mais adressé, cette fois, en privé, de “véhiculer” “ce genre de propagande”, qui plus est sans même constater, visiblement, que ce machin déjà bon à ranger dans une case est un texte que j’ai moi-même commis ;
    – après quoi, cette dame, à qui j’en avais déjà fait la remarque, s’est encore immédiatement senti le besoin d’intervenir, en commentant un commentaire rapide que je faisais – où je reproduisais surtout un considérant d’une Décision historique du Conseil constitutionnel – pour pondre une seule phrase dans laquelle le nombre (une bonne dizaine) et la combinaison de fautes de ponctuation, d’orthographe, de grammaire et même d’appellation, étaient tels qu’elle n’avait rigoureusement aucun sens ;
    – une fois que je le lui ai fait directement remarquer, elle n’a eu d’autre réponse, à part de ne pas sembler avoir entendu, que de me dire qu’elle ne comprenait pas les finesses de ce genre de textes juridiques. Ce qui ne l’empêche pas d’en faire des commentaires à brûle-pourpoint, donc (le plus tragique étant d’ailleurs qu’elle comprend visiblement très bien… pourvu seulement qu’elle lise) ;
    – s’en sont suivis (je vous épargne quelques autres malentendus des plus flagrants je n’ai pas non plus que ça à faire, sans parler du fait qu’elle a ainsi interrompu ce décorticage que j’étais entrain de faire ici) deux épisodes plus tragicomiques encore du fait qu’ils ajoutent au tableau le type d’oppression caractéristique de la « politique du chaud et du froid » – bref, un probable symptôme d’esprit maladivement manipulateur ;
    – enfin, elle m’a ouvertement dit (écrit) me soupçonner carrément d’avoir pour objectif profond : d’une part, de contribuer à la réalisation, actuellement opérée sur un mode remarquablement totalitaire et avec un niveau de déchaînement copieusement avancé déjà, d’une idéologie que je qualifierais, vu les termes qu’elle a filés, de “néo-gauchiste”, sorte de “nostalgie par avance” du Meilleurs des mondes… ;
    – d’autre part, la destruction des États et des nations ! Maman !
    C’est du très grand Guignol dans chacun des deux cas…
    … Et qui plus est, il suffit de lire mon essai publié ici même pour constater que mon intention est symétriquement contraire…
    Mais je l’ai dit : cette personne s’acharne surtout, manifestement, à ne pas du tout lire un texte tandis qu’elle s’emploie à en juger – ce qui la fiche vraiment mal pour qui est susceptible de se trouver en position de Député de la Nation -…
    … avant d’en tirer on ne sait du fait de quelle illumination surnaturelle, et aussi ouvertement que directement, les plus franches conclusions quant à vos motivations profondes – dont on peut même supposer qu’elle a aussi décrété qu’elles seraient cachées, allez savoir.

    Que l’UPR se soit enfermée dans une erreur stratégique du fait d’une position originellement entachée de plusieurs graves carences d’analyse, c’est sans aucun doute tragique, mais après tout c’est le lot commun, pour ainsi dire.
    Et j’ai bien conscience, du reste, qu’un tel constat n’est sans doute pas du tout agréable, non plus, en tant reproche à subir.

    Quoi qu’il en soit, je ne sache pas avoir jamais insinué que M. Asselineau serait atteint d’une pathologie psychiatrique quelconque. Que l’on m’accorde au moins cela…
    La « pathologie » que je déplore relève bien évidemment d’une bête construction sociale.
    Et naturellement, de faiblesses humaines très courantes à commencer par l’ignorance, l’impatience, voire le besoin de briller pour certains (je n’attribue d’ailleurs pas cette tendance à M. Asselineau), et bien plus souvent celui de flatter ou même plutôt, la simple peur de blesser autrui, pour d’autres ; plus largement le manque de courage de ses opinions, et surtout la peur d’être présenté comme ridicule… par des cons (encore une fois rien à voir avec le cas de M. Asselineau) ; que sais-je encore.

    Qu’ensuite, l’UPR se soit interdit, et s’interdise encore “courageusement” de jamais plus toucher à ce point assez central de sa charte fondatrice, point dont l’immense importance stratégique est évidente, qui plus est, c’est déjà une toute autre chose.
    Mais là encore, c’est presque le lot commun des organisations politiques du moins dans le système électoraliste (qui est à mon sens le vrai fléau primaire), et quoi que cela constitue un problème en soi, et puisse même en constituer un gros, il y a aussi que c’est assez tautologique vu comme ça.
    Et là encore, il n’est nullement besoin d’aller chercher d’explications d’ordre psychopathologique, bien évidemment.

    Qu’elle entende (l’UPR) Nous (le Peuple) enfermer Nous-mêmes dans Sa voie dont je juge qu’elle est proprement suicidaire pour la Nation, imposer à tous les français, y compris et notamment tous ceux qui sont consciemment en mal de libération, et ce finalement par tous moyens, un scandaleux amalgame entre l’intérêt national, d’une part, et l’intérêt d’une organisation politique (l’UPR) d’autre part, c’est encore objectivement une autre chose.
    Et s’il est déjà très dur de le réaliser (dans les deux sens du terme), on devrait pourtant comprendre immédiatement, d’après sa charte fondatrice, que par nature ce mouvement a vocation à entendre monopoliser notamment la cause du Frexit.
    Reste que tout cela découle très naturellement de la même prémisse.
    Du reste, la tendance naturellement totalisante des partis en général est théorisée depuis des lustres.

    Que ce type de situation engendre typiquement des comportements sectaires, « autistes », et paranoïaque, ce n’est donc qu’une banale conséquence, mille fois observée dans l’Histoire. Là encore, pas besoin d’aller mobiliser des déséquilibrés mentaux – ce serait trop beau. Des gens essentiellement honnêtes et bien intentionnés suffisent amplement pour ça.

    Maintenant, le même schéma a de plus en plus tendance, dans des situations telles que celles que nous vivons (ce ne sera ni la première ni la dernière fois, bien sûr), à produire des personnalités à la structure type pervers-narcissique… et en retour à attirer de plus en plus ces dangers publics aux postes de direction en tous genres. Des postes qui, non seulement, tendent par construction à attirer les esprits qui aiment briller et aiment pour la même raison ce qui brille (autrement dit, la pensée prête-à-porter puis à vite oublier au besoin) mais, à mesure que l’ensemble des institutions (et des mœurs) se corrompt dans une dynamique impérialiste, à ne plus attirer que des gens assez idiots, ignorants inconscients, pour s’imaginer sincèrement qu’ils peuvent un peu sérieusement changer la face du monde.

    Que nombre de trolls ici et là prétendent, parfois faussement, semble-t-il, être sympathisants voire militants de l’UPR, tout en agissant de manière perverse pour imposer une ambiance délétère sur maints espaces de discussion sur Internet, c’est déjà franchement pénible.
    Qu’une telle disposition laisse fortement craindre qu’une partie peut-être non négligeable de ces mêmes parasites exerce assez régulièrement en qualité de modérateurs, une censure politique de tout propos qui ne seraient pas conforme à l’ordre asselinien 1.0.0 est une idée (sinon une pratique) qui commence franchement à me courir.

    Mais si, en plus, certaines personnes que l’UPR présente, même à la Chambre, ont un comportement de wèbetroll flagrant et sont, de toute évidence, soit totalement malhonnêtes (intellectuellement parlant, en tous cas), soit mentalement ravagés par je ne sais quoi de bileux qu’ils entendent projeter sur leurs concitoyens, et en tous cas irresponsables au point de laisser si spontanément des traces écrites de leurs forfaits, les instances de l’UPR conviendront, j’espère, que je me fasse un devoir de dénoncer publiquement ces cas. Que chacun assume ses responsabilités.

    Pour l’heure, je vais tout d’abord réétudier la question de savoir si et quand je reprendrai contact avec le délégué UPR évoqué plus haut, même s’il m’a offert, à ce stade, un accueil chaleureux.
    Ma position provisoire, on le comprendra sans doute, est que, jusqu’à nouvel ordre, je ne le ferai(s) qu’à l’écrit.

    Samuel SCHWEIKERT
    41 ans, citoyen de nationalité française, résident à Villeurbanne
    ingénieur en mécanique-développement, diplômé de l’INSA de Lyon
    ancien Secrétaire national du M’PEP aux questions européennes, monétaires et financières.

  • Après quelques temps d’absence pour raisons familiales (et économiques) majeures, je souhaite vivement vous signaler ce débat entre deux citoyens français qui me sont très chers : Étienne Chouard et François Asselineau. Comme ils disent, la situation est [enfin] pré-révolutionnaire.

    https://www.youtube.com/watch?v=p7_FCarbVUM

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